L’influence de l’homme sur la quantité et la distribution des tiques

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Influence homme-climat

Vue d’ensemble des relations entre l’homme, les changements écologiques et démographiques, et leur influence sur l’incidence des maladies vectorielles à tiques (d’après Lindgren et al, 2006)

1) Les modifications climatiques

Déterminer les influences des changements climatiques sur les tiques et les risques d’infection est complexe, à cause des multiples facteurs entrant en jeu : hôtes, tiques, végétation, utilisation des sols, comportement humain, etc.
Il est établi que, puisque le climat aux hautes latitudes devient moins rigoureux, des tiques Ixodes ricinus sont observées plus au Nord : en Suède par exemple. En conséquence, on observe une augmentation de l’encéphalite à tiques dans la région de Stockholm. De la même manière, des tiques sont observées à de plus hautes altitudes (en Tchécoslovaquie).
De plus, les changements climatiques auront des effets indirects sur l’abondance des hôtes des tiques, comme le cerf, et celles des hôtes réservoirs d’agents pathogènes comme les rongeurs et les oiseaux.

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2) Les modifications d’utilisation des sols

La couverture végétale a une influence sur l’humidité du sol, ce qui en retour influence la survie et le cycle de vie de la tique.
En Europe Centrale, à cause du changement climatique, l’épicéa commun (Picea abies) est remplacé progressivement par le hêtre (Fagus sylvatica). Or, les feuilles mortes fournissent un microclimat favorable aux tiques (humidité).

3) Les modifications des espèces hôtes

L’homme modifie l’écologie des régions et les distributions des espèces animales : gibier, rongeurs, etc. Les changements climatiques modifient également les répartitions des animaux. Ceci a une répercussion sur la répartition et la densité des tiques.
Les animaux « exotiques » introduits peuvent avoir des influences. Par exemple, le Tamia de Sibérie est un écureuil originaire de Corée. C’est un « nouvel animal de compagnie », vendu en France. Des spécimens ont été relâchés dans la nature par leurs propriétaires, et il s’est répandu dans des forêts, en Île de France et Picardie. Dans la forêt de Sénart (Essonne), sa population est estimée entre 10 000 et 20 000 individus. Or, cet écureuil porte des nombreuses tiques Ixodes ricinus, et des chercheurs ont montré qu’il semble être réservoir de la bactérie responsable de la borréliose de Lyme (Borrelia burgdorferi), c’est-à-dire susceptible de lui permettre de se développer et la transmettre à l’homme.

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