{"id":8593,"date":"2019-06-28T10:50:35","date_gmt":"2019-06-28T08:50:35","guid":{"rendered":"https:\/\/francelyme.fr\/?p=8593"},"modified":"2023-10-18T12:20:02","modified_gmt":"2023-10-18T10:20:02","slug":"maladie-de-lyme-quand-des-medecins-refusent-de-soigner","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/francelyme.fr\/site\/maladie-de-lyme-quand-des-medecins-refusent-de-soigner\/","title":{"rendered":"\u00ab Maladie de Lyme \u00bb. Quand des m\u00e9decins refusent de soigner"},"content":{"rendered":"<div class=\"like-button\" style=\"float: right; clear: both; text-align: right; width = 100%;\">\n<!-- Facebook Like Button Vivacity Infotech BEGIN -->\n<div class=\"fb-like\" data-href=\"https:\/\/francelyme.fr\/site\/maladie-de-lyme-quand-des-medecins-refusent-de-soigner\/\" data-layout=\"box_count\" data-action=\"like\" data-show-faces=\"false\" data-size=\"large\" data-width=\"450\" data-share=\"1\" ><\/div><\/div>\n<!-- Facebook Like Button Vivacity Infotech END -->\n<div id=\"fb-root\"><\/div>\n\n<p>Genevi\u00e8ve Massard Guilbaud CIRED &#8211; Centre International de Recherche sur l&rsquo;Environnement et le D\u00e9veloppement<\/p>\n\n\n\n<p>  Cet article fait le point sur la controverse m\u00e9dico-sociale concernant  la \u00ab\u00a0maladie de Lyme\u00a0\u00bb, jusqu&rsquo;en juin 2018. Il montre comment, en d\u00e9pit  des avanc\u00e9es scientifiques qui permettent de mieux comprendre le  fonctionnement de sa forme chronique, certaines institutions m\u00e9dicales  fran\u00e7aises bloquent toute \u00e9volution dans  sa prise en charge, laissant les patients dans la souffrance alors que  des solutions, au moins partielles, sont connues. Il cherche \u00e0  comprendre les raisons de cette attitude apparemment absurde et montre  le r\u00f4le des patients et de certains m\u00e9decins dans l&rsquo;\u00e9volution de la  situation.<br> <a href=\"https:\/\/halshs.archives-ouvertes.fr\/halshs-02129664\/document?fbclid=IwAR08vseXAfXobGj_rR1dIkKRP9U5VXTzPo9rNhgEmeZHBALUxU6Oc0Be6mI\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/halshs.archives-ouvertes.fr\/halshs-02129664\/document<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><br>\u00ab&nbsp;Maladie de Lyme&nbsp;\u00bb Quand des m\u00e9decins refusent de soigner<\/strong> <em>in<\/em> <em>Ecologie &amp; politique<\/em>, n\u00b058, 2019\/1<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Genevi\u00e8ve Massard-Guilbaud<\/strong> &#8211; <strong>\u00c9cole des Hautes \u00c9tudes en Sciences Sociales<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;: La borr\u00e9liose de Lyme, maladie infectieuse douloureuse, invalidante et difficile \u00e0 soigner, est en forte expansion dans diff\u00e9rentes parties du monde, dont l\u2019Europe. Identifi\u00e9e par l\u2019OMS comme un probl\u00e8me de sant\u00e9 publique majeur, elle n\u2019est reconnue par les autorit\u00e9s sanitaires fran\u00e7aises que sous sa forme aigu\u00eb. La possibilit\u00e9 de sa persistance apr\u00e8s traitement selon les recommandations en vigueur et l\u2019existence de sa forme chronique sont en revanche d\u00e9ni\u00e9es, en d\u00e9pit de toute \u00e9vidence et de nombreuses \u00e9tudes scientifiques, ce qui emp\u00eache la prise en charge des malades, souvent renvoy\u00e9s vers la psychiatrie ou contraints d\u2019aller se soigner \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Pourchass\u00e9s par le Conseil de l\u2019ordre et les caisses d\u2019assurance maladie, les m\u00e9decins qui tentent de les soigner et les malades se sont organis\u00e9s pour faire entendre leur voix. Les n\u00e9gociations r\u00e9centes auxquelles ils ont particip\u00e9 pour la premi\u00e8re fois ont amen\u00e9 certaines avanc\u00e9es, mais les autorit\u00e9s m\u00e9dicales s\u2019obstinent dans une position de d\u00e9ni, bloquant, au prix de m\u00e9thodes peu soucieuses de d\u00e9mocratie, toute avanc\u00e9e dans la prise en charge th\u00e9rapeutique et toute recherche. Apr\u00e8s avoir pr\u00e9sent\u00e9 l\u2019historique de ces n\u00e9gociations, cet article explore les raisons qui peuvent pousser certains m\u00e9decins et leur Acad\u00e9mie \u00e0 adopter semblable comportement.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8212;&#8212;<\/p>\n\n\n\n<p>La \u00ab&nbsp;maladie de Lyme&nbsp;\u00bb, maladie infectieuse transmise principalement par des tiques, est reconnue par les autorit\u00e9s m\u00e9dicales fran\u00e7aises sous sa forme aigu\u00eb. L\u2019existence de la forme chronique, douloureuse, invalidante et difficile \u00e0 soigner, a \u00e9t\u00e9 longtemps d\u00e9ni\u00e9e, en d\u00e9pit des cons\u00e9quences de sa non-prise en charge pour les malades. Elle est d\u00e9sormais reconnue \u00e0 demi-mot par la Haute Autorit\u00e9 de sant\u00e9 (HAS)<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>. La soci\u00e9t\u00e9 de pathologie infectieuse de langue fran\u00e7aise (SPILF) et sous sa houlette la majorit\u00e9 des m\u00e9decins, persistent en revanche \u00e0 nier l\u2019existence de cette forme chronique. Les m\u00e9decins de la SPILF ne proposent pourtant aucune autre explication aux douleurs et handicaps parfois extr\u00eamement s\u00e9v\u00e8res dont souffrent les patients, ni aucun traitement efficace.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme des milliers d\u2019autres personnes, c\u2019est en tant que malade que j\u2019ai d\u2019abord d\u00e9couvert la maladie, puis la controverse qui l\u2019entoure. C\u2019est parce que j\u2019ai pu v\u00e9rifier par moi-m\u00eame, \u00e0 mes d\u00e9pens, que les recommandations officielles sur cette maladie ne permettent pas aux malades d\u2019\u00eatre soign\u00e9s, que j\u2019ai accept\u00e9 de pr\u00e9senter ici, \u00e0 la demande des responsables de ce num\u00e9ro, un point de vue sur le sujet. Historienne, enseignante-chercheuse de profession, ce n\u2019est pourtant pas \u00e0 ce titre que j\u2019\u00e9cris ici, m\u00eame si cette qualification m\u2019a permis de r\u00e9unir des sources et de les analyser. Les questions que soul\u00e8ve cette maladie (Comment une maladie devient-elle un \u00ab&nbsp;probl\u00e8me&nbsp;\u00bb ? Comment se construit une politique de sant\u00e9&nbsp;publique&nbsp;? Comment fonctionnent les alertes, l\u2019expertise et les controverses&nbsp;m\u00e9dicales&nbsp;? Comment apporte-t-on la preuve de quelque chose&nbsp;?) ne font pas partie de mes domaines de recherche habituels, et je ne pr\u00e9tends pas m\u2019en improviser sp\u00e9cialiste. Les sociologues, les historiens des sciences et les politistes ont beaucoup \u00e9crit sur ces sujets, mais mon objectif ici n\u2019est pas de me placer dans leur sillage. Mon propos est plut\u00f4t de faire partager les connaissances acquises en tant que t\u00e9moin involontaire d\u2019une controverse. Ce t\u00e9moignage ne pr\u00e9tend pas \u00e0 la neutralit\u00e9, mais l\u2019ensemble des affirmations qu\u2019il contient est r\u00e9f\u00e9renc\u00e9. Il pourra, le moment venu, \u00eatre replac\u00e9 dans son contexte historiographique et analys\u00e9 avec plus de recul.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir d\u00e9crit rapidement la maladie, je pr\u00e9senterai les th\u00e8ses formul\u00e9es par la seizi\u00e8me conf\u00e9rence de consensus en th\u00e9rapeutique anti-infectieuse de 2006, qui a tenu lieu de doctrine officielle jusqu\u2019en juin 2018, c\u2019est-\u00e0-dire jusqu\u2019au moment o\u00f9 cet article est \u00e9crit. Je montrerai pourquoi ce soi-disant \u00ab&nbsp;consensus&nbsp;\u00bb \u00e9tait inacceptable pour les patients et les rares m\u00e9decins qui les soignent. Je pr\u00e9senterai ensuite les modifications qui viennent de lui \u00eatre apport\u00e9es par la HAS et le d\u00e9ni persistant de certaines institutions m\u00e9dicales, qui s\u2019accrochent \u00e0 des id\u00e9es p\u00e9rim\u00e9es. Je formulerai enfin quelques hypoth\u00e8ses sur les raisons susceptibles d\u2019expliquer le comportement apparemment irrationnel de ces m\u00e9decins.<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" type=\"1\"><li><strong>Un ensemble de maladies encore mal connues<\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>La maladie dite de Lyme doit son nom au comt\u00e9 de Lyme (Connecticut), o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9e dans les ann\u00e9es 1970. Il s\u2019agit d\u2019une zoonose, d\u00e9crite depuis la fin du XIXe si\u00e8cle, mais dont la nature infectieuse n\u2019a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e qu\u2019en 1982. Son nom scientifique est borr\u00e9liose parce qu\u2019elle est caus\u00e9e par Borrelia, une bact\u00e9rie de la classe des spiroch\u00e8tes (en forme d\u2019h\u00e9lice), comme celle de la syphilis. On conna\u00eet environ trois cents souches de Borrelia. Seules certaines d\u2019entre elles sont pathog\u00e8nes. Cette bact\u00e9rie, qui peut en fait prendre plusieurs formes (spiral\u00e9e, mais aussi kystique, intracellulaire, biofilm, etc.), est susceptible d\u2019infecter des h\u00f4tes vari\u00e9s (arachnides, oiseaux, reptiles, mammif\u00e8res, humains\u2026). Elle est dite \u00ab&nbsp;\u00e9volu\u00e9e&nbsp;\u00bb parce qu\u2019elle poss\u00e8de des capacit\u00e9s de d\u00e9fense contre le syst\u00e8me immunitaire de son h\u00f4te. Elle est capable de se \u00ab&nbsp;camoufler&nbsp;\u00bb en utilisant des mol\u00e9cules accept\u00e9es par ce dernier ou en changeant de forme. Elle peut l\u2019amener \u00e0 attaquer ses propres cellules, comme les maladies auto-immunes<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>. En France, la borr\u00e9liose est transmise \u00e0 l\u2019homme essentiellement par des tiques du genre Ixodes elles-m\u00eames infect\u00e9es. La transmission de la femme enceinte au f\u0153tus est attest\u00e9e<a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>. La transmission par voie sexuelle, sanguine, ou par d\u2019autres arachnides que la tique, est suspect\u00e9e<a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les tiques sont des acariens de la classe des arachnides, parasites de grosse taille qui se nourrissent du sang d\u2019autres animaux, oiseaux ou mammif\u00e8res. Lorsqu\u2019elles sont infect\u00e9es, elles transmettent des bact\u00e9ries ou des parasites \u00e0 leur h\u00f4te, en le piquant pour se nourrir. La proportion de tiques porteuses de Borrelia serait, selon l\u2019Institut national de veille sanitaire (INVS), de l\u2019ordre de 10 \u00e0 15% selon les r\u00e9gions<a href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>. Selon d\u2019autres sources, elle monterait jusqu\u2019\u00e0 40 % dans certaines r\u00e9gions<a href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>. Les tiques peuvent \u00eatre porteuses de divers agents infectieux. Elles peuvent transmettre, en m\u00eame temps que la borr\u00e9liose, d\u2019autres maladies bact\u00e9riennes (anaplasmose, rickettsiose, bartonellose, etc.), virales (enc\u00e9phalite \u00e0 tiques\u2026) ou parasitaires (babesiose\u2026), que l\u2019on appelle \u00ab&nbsp;co-infections&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn7\">[7]<\/a>. La fr\u00e9quence de ces pathog\u00e8nes n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e \u00e0 ce jour. Cet ensemble est appel\u00e9 \u00ab&nbsp;maladies vectorielles \u00e0 tiques&nbsp;\u00bb (MVT).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la moiti\u00e9 des cas environ, la piq\u00fbre par une tique infect\u00e9e d\u00e9clenche une r\u00e9action inflammatoire nomm\u00e9e \u00ab&nbsp;\u00e9ryth\u00e8me migrant&nbsp;\u00bb (t\u00e2che rouge s\u2019\u00e9largissant autour de la piq\u00fbre). Lorsque cet \u00e9ryth\u00e8me est remarqu\u00e9, la maladie peut \u00eatre prise en charge et souvent gu\u00e9rie si un traitement antibiotique ad\u00e9quat est donn\u00e9. Cependant, la plus grande partie des malades n\u2019a aucun souvenir d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 piqu\u00e9e. La piq\u00fbre peut en effet \u00eatre due \u00e0 une larve ou \u00e0 une nymphe (animal jeune), \u00e0 peine visibles \u00e0 l\u2019\u0153il nu. Chez les personnes qui n\u2019ont rien remarqu\u00e9, la maladie va se d\u00e9velopper \u00e0 bas bruit, se diss\u00e9miner dans l\u2019organisme, causant des sympt\u00f4mes h\u00e9t\u00e9roclites, beaucoup de souffrances et de handicaps. Elle va affecter, selon les cas, le syst\u00e8me immunitaire, les articulations, les muscles, le c\u0153ur, le cerveau, allant parfois jusqu\u2019\u00e0 une atteinte neurologique extr\u00eamement grave, susceptible de provoquer paralysie des membres, d\u00e9mence, voire d\u00e9c\u00e8s dans les cas extr\u00eames. Les sympt\u00f4mes de la maladie, variables selon les personnes,&nbsp; sont aussi nombreux que peu sp\u00e9cifiques : on les retrouve dans de nombreuses autres maladies<a href=\"#_ftn8\">[8]<\/a>. Ceux qui se retrouvent le plus r\u00e9guli\u00e8rement sont des troubles musculo-squelettiques, des neuropathies centrales ou p\u00e9riph\u00e9riques, une fatigue extr\u00eame, des troubles cognitifs.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Les affirmations d\u00e9nu\u00e9es de fondements du \u00ab&nbsp;consensus&nbsp;\u00bb de 2006<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019en juin 2018, la position des autorit\u00e9s de sant\u00e9 fran\u00e7aises \u00e9tait d\u00e9finie par la conf\u00e9rence de consensus en th\u00e9rapeutique anti-infectieuse de 2006. Cette conf\u00e9rence s\u2019est tenue sur une seule journ\u00e9e, exclusivement entre experts, le 13 d\u00e9cembre 2006, sous la houlette de la SPILF. Le document issu de cette conf\u00e9rence<a href=\"#_ftn9\">[9]<\/a> affirmait notamment que la maladie est rare, qu\u2019elle peut \u00eatre facilement diagnostiqu\u00e9e gr\u00e2ce aux tests s\u00e9rologiques existants, qu\u2019elle est facile \u00e0 soigner par un traitement antibiotique relativement bref et que la forme chronique de la maladie n\u2019existe pas. Reprenons un \u00e0 un ces arguments.<\/p>\n\n\n\n<p>Une maladie rare&nbsp;? Comment l\u2019affirmer aussi cat\u00e9goriquement alors que la fa\u00e7on dont sont actuellement conduites les \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques ne permet pas de conna\u00eetre l\u2019incidence de la maladie sur la population fran\u00e7aise&nbsp;et que la France ne respecte pas la directive europ\u00e9enne sur la surveillance des zoonoses<a href=\"#_ftn10\">[10]<\/a>&nbsp;? Les donn\u00e9es officielles fournies par l\u2019INVS et par le r\u00e9seau Sentinelles<a href=\"#_ftn11\">[11]<\/a>, qui ne d\u00e9compte que les cas positifs au test Elisa, ce qui est totalement insuffisant (voir plus bas), attestent cependant une tr\u00e8s forte augmentation du nombre de cas, car leurs donn\u00e9es \u00e0 des dates diff\u00e9rentes sont comparables. Ainsi, en 2016, Sentinelles a d\u00e9compt\u00e9 pr\u00e8s de 55&nbsp;000 nouveaux cas en France, soit une incidence estim\u00e9e \u00e0 84\/100&nbsp;000 habitants alors qu\u2019en 2003 l\u2019incidence n\u2019\u00e9tait, selon la m\u00eame source, que de 9,4\/100&nbsp;000<a href=\"#_ftn12\">[12]<\/a>. En septembre 2017, le Pr. Salomon, actuel directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Sant\u00e9, avan\u00e7ait dans <em>Science et Sant\u00e9<\/em>, la revue de l\u2019INSERM, une fourchette haute de 240&nbsp;000 nouveaux cas par an en France<a href=\"#_ftn13\">[13]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les donn\u00e9es dont on dispose pour d\u2019autres pays sont \u00e9galement partielles mais tous les indices laissent \u00e0 penser que la maladie est en pleine expansion dans diff\u00e9rentes parties du monde. Aux \u00c9tats-Unis, le Centre for Disease Control and Prevention estimait, en 2013, le nombre annuel de nouveaux patients atteints \u00e0 300&nbsp;000 \u2014 six fois plus que le Sida \u2014 une estimation multipli\u00e9e par dix par rapport aux ann\u00e9es ant\u00e9rieures<a href=\"#_ftn14\">[14]<\/a>. Richard Horowitz, m\u00e9decin am\u00e9ricain auteur d\u2019un ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence sur les MVT, estime, lui, que le nombre annuel de nouveaux cas se situe plut\u00f4t entre un et deux millions par an<a href=\"#_ftn15\">[15]<\/a>. Pour l\u2019OMS, la borr\u00e9liose \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en 2006 la maladie vectorielle la plus r\u00e9pandue en Europe, et la pand\u00e9mie qui s\u00e9vissait en Europe centrale, orientale et du nord, \u00e9tait jug\u00e9e tr\u00e8s inqui\u00e9tante<a href=\"#_ftn16\">[16]<\/a>. Dans le sud de la Pologne, par exemple, la fr\u00e9quence de la maladie a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9e par trente-cinq entre 1998 et 2014<a href=\"#_ftn17\">[17]<\/a>. En Allemagne, alors que selon la neurologue Petra Hopf-Seidel le nombre annuel de nouveaux cas se situait, en 2011, entre 500&nbsp;000 et 700&nbsp;000<a href=\"#_ftn18\">[18]<\/a>, en 2016, Armin Schwartzbach, sp\u00e9cialiste reconnu du diagnostic des MVT, le chiffrait d\u00e9sormais \u00e0 1,5 million<a href=\"#_ftn19\">[19]<\/a>. Dans ces conditions, l\u2019id\u00e9e qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une maladie rare&nbsp;est aussi convaincante que celle qui voulait, lors de la catastrophe de Tchernobyl, que le nuage se soit arr\u00eat\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re rh\u00e9nane.<\/p>\n\n\n\n<p>Les raisons de la prolif\u00e9ration des tiques sont encore mal comprises, mais on \u00e9voque l\u2019augmentation des surfaces foresti\u00e8res, la r\u00e9duction de la biodiversit\u00e9, la rar\u00e9faction des pr\u00e9dateurs, la multiplication des mammif\u00e8res qui les transportent, comme l\u2019\u00e9cureuil de Sib\u00e9rie, r\u00e9pandu dans les for\u00eats fran\u00e7aises apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 introduit en France comme animal de compagnie<a href=\"#_ftn20\">[20]<\/a>, l\u2019impact des modifications climatiques\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Second argument&nbsp;du \u00ab&nbsp;consensus&nbsp;\u00bb de 2006 : la maladie peut facilement \u00eatre d\u00e9pist\u00e9e. Pour v\u00e9rifier si un patient est atteint par la maladie, un m\u00e9decin fran\u00e7ais dispose \u00e0 ce jour de deux tests&nbsp;s\u00e9rologiques<a href=\"#_ftn21\">[21]<\/a> : le test Elisa (<em>enzyme-linked immunosorbent assay)<\/em>, que les recommandations pr\u00e9conisent d\u2019utiliser en premier, et le Western Blot, qui doit \u00eatre utilis\u00e9 en confirmation, si le test Elisa s\u2019est av\u00e9r\u00e9 positif<a href=\"#_ftn22\">[22]<\/a>. Ce dernier, r\u00e9put\u00e9 pour son efficacit\u00e9 dans le cas du VIH, n\u2019est pourtant que d\u2019une utilit\u00e9 tr\u00e8s r\u00e9duite pour la borr\u00e9liose. Il recherche les anticorps que le patient aurait fabriqu\u00e9 contre trois esp\u00e8ces de Borreliaseulementalors qu\u2019il en existe un tr\u00e8s grand nombre et que celles qui sont recherch\u00e9es ne sont pas celles qui pr\u00e9valent en Europe<a href=\"#_ftn23\">[23]<\/a>. De plus, ce test est param\u00e9tr\u00e9 au niveau r\u00e9gional de fa\u00e7on telle que le nombre de positifs ne d\u00e9passe pas 5% de la population bien portante (les donneurs de sang) \u2014 un seuil fix\u00e9 de fa\u00e7on arbitraire<a href=\"#_ftn24\">[24]<\/a>. Suivant un raisonnement tautologique, on a d\u2019abord d\u00e9cid\u00e9 que le test ne devrait pas d\u00e9celer plus de 5% de positifs, puis expliqu\u00e9 que la maladie est rare puisque 5% <em>seulement<\/em> des patients test\u00e9s sont s\u00e9ropositifs. Avec un tel syst\u00e8me, un patient a plus de chance d\u2019\u00eatre s\u00e9ropositif dans une r\u00e9gion o\u00f9 le nombre de personnes infect\u00e9es est faible que l\u2019inverse. Il peut \u00eatre d\u00e9clar\u00e9 s\u00e9ron\u00e9gatif dans une r\u00e9gion mais s\u00e9ropositif dans une autre<a href=\"#_ftn25\">[25]<\/a>. Il n\u2019est pas n\u00e9cessaire d\u2019avoir \u00e9tudi\u00e9 la biologie pour comprendre qu\u2019un tel syst\u00e8me n\u2019a rien de scientifique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le second test disponible, le Western Blot, est un peu plus pr\u00e9cis puisqu\u2019il identifie huit souches diff\u00e9rentes de Borrelia. Mais on s\u2019interroge sur la recommandation qui veut que le m\u00e9decin ne doive prescrire ce test un peu plus fiable <em>que si<\/em> un r\u00e9sultat positif&nbsp;a pr\u00e9alablement \u00e9t\u00e9 obtenu avec le moins fiable (Elisa) ! Cette recommandation ne r\u00e9pond, elle non plus, \u00e0 aucune logique scientifique, mais elle est s\u00fbrement agr\u00e9able aux fabricants dudit test. Au demeurant, les fabricants du Western Blot comme les laboratoires de biologie m\u00e9dicale affirment eux-m\u00eames qu\u2019un r\u00e9sultat n\u00e9gatif ne signifie pas que le patient n\u2019est pas porteur de la maladie<a href=\"#_ftn26\">[26]<\/a>. Comment, dans ces conditions, le \u00ab&nbsp;consensus&nbsp;\u00bb de 2006 pouvait-il nier que des patients s\u00e9ron\u00e9gatifs puissent, malgr\u00e9 tout, \u00eatre porteurs de la maladie&nbsp;? Il ne s\u2019agit pas ici de controverse scientifique mais de faits attest\u00e9s par les fabricants de tests eux-m\u00eames. Selon une meta-analyse r\u00e9cente, les tests pour la borreliose g\u00e9n\u00e8rent 500 fois plus de faux n\u00e9gatifs que les tests pour le Sida<a href=\"#_ftn27\">[27]<\/a>. Il existe aussi des faux positifs, car les anticorps que d\u00e9tectent les tests peuvent \u00eatre dus \u00e0 une infection ancienne et gu\u00e9rie<a href=\"#_ftn28\">[28]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre m\u00e9thode de d\u00e9pistage, le PCR (<em>Polymerase chain reaction<\/em>), bas\u00e9e sur l\u2019amplification de l\u2019ADN du parasite, pr\u00e9sente l\u2019avantage de permettre de rechercher non seulement Borrelia mais \u00e9galement les nombreux autres pathog\u00e8nes co-inject\u00e9s par la tique. En France, cependant, le PCR n\u2019est utilis\u00e9 qu&rsquo;en milieu hospitalier. La seule alternative, pour les m\u00e9decins qui souhaitent b\u00e9n\u00e9ficier des informations qu\u2019il apporte, est d\u2019avoir discr\u00e8tement recours aux laboratoires de biologie v\u00e9t\u00e9rinaire qui ont, eux, le droit de le pratiquer. Il faut donc parfois, dans ce pays, se faire passer pour son chien pour savoir de quoi l\u2019on souffre\u2026 Au total, et contrairement \u00e0 ce que pr\u00e9tendait le \u00ab&nbsp;consensus&nbsp;\u00bb de 2006, les tests actuellement disponibles sont donc largement impuissants \u00e0 d\u00e9tecter la maladie. De nombreuses \u00e9tudes scientifiques l\u2019ont montr\u00e9<a href=\"#_ftn29\">[29]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les raisons pour lesquelles Borrelia reste extr\u00eamement difficile \u00e0 rep\u00e9rer sont diverses&nbsp;: multiplicit\u00e9 des souches, s\u00e9questration des anticorps par la bact\u00e9rie qui les rend ind\u00e9tectables, d\u00e9ficit immunitaire induit par la maladie, seuils de positivit\u00e9 arbitraires<a href=\"#_ftn30\">[30]<\/a>. En mars 2018, un rapport publi\u00e9 sur le site du minist\u00e8re f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 am\u00e9ricain a de nouveau rappel\u00e9 la faiblesse des&nbsp; moyens de d\u00e9pistage de la borreliose disponibles<a href=\"#_ftn31\">[31]<\/a>. Dire le contraire n\u2019est pas une opinion parmi d\u2019autres, c\u2019est une n\u00e9gation de la litt\u00e9rature scientifique.<\/p>\n\n\n\n<p>En l\u2019absence de tests fiables, la borreliose doit donc pour l\u2019instant \u00eatre diagnostiqu\u00e9e sur la base d\u2019un examen clinique attentif. Les sympt\u00f4mes \u00e9tant tr\u00e8s peu sp\u00e9cifiques et les m\u00e9decins mal inform\u00e9s sur cette maladie, elle est souvent prise pour un lupus, une fibromyalgie, un Parkinson, un Alzheimer, une arthrite chronique, un syndrome de fatigue chronique, une scl\u00e9rose en plaques, une scl\u00e9rose lat\u00e9rale amyotrophique, etc., ou suppos\u00e9e \u00eatre \u00ab&nbsp;dans la t\u00eate&nbsp;\u00bb du patient. Les malades tardivement diagnostiqu\u00e9s racontent tous comment ils ont auparavant \u00e9t\u00e9 promen\u00e9s de sp\u00e9cialiste en sp\u00e9cialiste, parfois pendant des ann\u00e9es&nbsp;; comment ils ont fait l\u2019objet d\u2019examens multiples, de faux diagnostics et de traitements qui ne leur apportaient aucune am\u00e9lioration&nbsp;; comment ils ont \u00e9t\u00e9 suspect\u00e9s d\u2019affabulation, de paresse, d\u2019hypocondrie ou autre maladie mentale ; ou m\u00eame, dans les cas les plus s\u00e9v\u00e8res, comment certains ont vu leur \u00e9tat s\u2019aggraver jusqu\u2019\u00e0 l\u2019article de la mort avant qu\u2019un diagnostic correct ne soit enfin pos\u00e9 et qu\u2019un traitement appropri\u00e9 ne les sorte d\u2019affaire. Les t\u00e9moignages sont innombrables<a href=\"#_ftn32\">[32]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais que se passe-t-il quand une borr\u00e9liose est malgr\u00e9 tout diagnostiqu\u00e9e&nbsp;? Une autre affirmation du \u00ab&nbsp;consensus&nbsp;\u00bb de 2006 \u00e9tait que la maladie est facilement soignable par un traitement antiinfectieux de trois \u00e0 quatre semaines. Le caract\u00e8re erron\u00e9 de cette affirmation a lui aussi \u00e9t\u00e9 amplement d\u00e9montr\u00e9 par la recherche<a href=\"#_ftn33\">[33]<\/a>. L\u2019association norv\u00e9gienne Norvect a \u00e9tabli une liste de 230 articles <em>peer-reviewed<\/em> attestant la persistance de la maladie apr\u00e8s traitement<a href=\"#_ftn34\">[34]<\/a>. Mais cette persistance de la maladie peut aussi se mesurer, de fa\u00e7on empirique, au nombre de patients soign\u00e9s de cette fa\u00e7on et qui ne sont de toute \u00e9vidence pas gu\u00e9ris. Chez eux, la maladie continue de se d\u00e9velopper ou reprend dans les mois ou les ann\u00e9es qui suivent le premier traitement. Cette r\u00e9sistance de Borrelia aux antibiotiques s\u2019explique par sa capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019enrober temporairement dans un biofilm protecteur<a href=\"#_ftn35\">[35]<\/a>. La conf\u00e9rence de consensus d\u00e9niait que la reprise du traitement p\u00fbt pr\u00e9senter un int\u00e9r\u00eat. L\u2019exp\u00e9rience comme les \u00e9tudes scientifiques prouvent pourtant que la reprise d\u2019un traitement anti-infectieux donne des r\u00e9sultats positifs dans environ 80% des cas, si ce traitement est prolong\u00e9<a href=\"#_ftn36\">[36]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant aux nombreux malades qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9s au stade initial de la maladie mais des mois, voire des ann\u00e9es et m\u00eame des d\u00e9cennies apr\u00e8s leur contamination, le traitement de trois semaines officiellement recommand\u00e9 est \u00e9galement inefficace. L\u00e0 aussi, seul un traitement antiinfectieux prolong\u00e9, visant \u00e0 \u00e9liminer d\u2019abord les co-infections, puis Borrelia elle-m\u00eame, est susceptible de venir \u00e0 bout de la maladie.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 un \u00ab&nbsp;consensus&nbsp;\u00bb faisant fi aussi bien des \u00e9tudes scientifiques que des r\u00e9alit\u00e9s constatables empiriquement, on ne peut que s\u2019interroger sur la fa\u00e7on dont il avait \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9. En fait, les experts fran\u00e7ais n\u2019avaient rien \u00e9labor\u00e9 du tout, ils avaient repris int\u00e9gralement les recommandations formul\u00e9es peu avant par une soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine, l\u2019<em>Infectious Diseases Society of America<\/em> (IDSA). D\u00e8s cette \u00e9poque, ces recommandations \u00e9taient pourtant d\u00e9nonc\u00e9es par une autre soci\u00e9t\u00e9, l\u2019International Lyme and Associated Diseases Society (ILADS), qui reconnaissait, elle, l\u2019\u00e9tranget\u00e9 de la maladie (\u00e9trange en ce sens que les bact\u00e9ries incrimin\u00e9es ne se comportent pas comme elles le font d\u2019ordinaire), sa complexit\u00e9, sa forme chronique et la n\u00e9cessit\u00e9 de traitements parfois prolong\u00e9s<a href=\"#_ftn37\">[37]<\/a>. Ces th\u00e8ses avaient leurs partisans en France, mais aucun compte n\u2019a \u00e9t\u00e9 tenu de leur opinion. Cette controverse, initi\u00e9e dans les ann\u00e9es 1980, a divis\u00e9 la communaut\u00e9 scientifique mondiale bien au-del\u00e0 des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019est pas possible de retracer ici la longue guerre, scientifique et judiciaire, qui a eu lieu aux \u00c9tats-Unis autour des MVT, ni ses prolongations europ\u00e9ennes<a href=\"#_ftn38\">[38]<\/a>, mais on peut la r\u00e9sumer en disant qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que les th\u00e8ses de l\u2019IDSA (et donc celles du \u00ab&nbsp;consensus&nbsp;\u00bb fran\u00e7ais de 2006) n\u00e9gligeaient la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 des publications scientifiques<a href=\"#_ftn39\">[39]<\/a>, qu\u2019elles cachaient des conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats et des enjeux financiers consid\u00e9rables, tant en mati\u00e8re de financement de la recherche qu\u2019en mati\u00e8re de remboursement des patients<a href=\"#_ftn40\">[40]<\/a>. Cette controverse a d\u00e9bouch\u00e9 sur le refus, d\u2019abord par certains \u00e9tats am\u00e9ricains, puis par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, d\u2019appliquer ces recommandations. Les recommandations de l\u2019ILADS ont au contraire \u00e9t\u00e9 valid\u00e9es le 21 septembre 2015 par le Health and Human Service, \u00e9quivalent am\u00e9ricain du minist\u00e8re de la Sant\u00e9. Le 14 d\u00e9cembre 2016, le pr\u00e9sident Obama a contresign\u00e9 une loi vot\u00e9e par le S\u00e9nat qui reconna\u00eet l\u2019insuffisance des tests s\u00e9rologiques et l\u2019existence d\u2019un stade chronique de la maladie prenant des formes d\u2019une extr\u00eame vari\u00e9t\u00e9, organise sa prise en charge th\u00e9rapeutique et d\u00e9bloque cent millions de dollars pour la recherche sur le sujet<a href=\"#_ftn41\">[41]<\/a>. Le gouvernement canadien a \u00e9galement adopt\u00e9 des mesures allant exactement dans le m\u00eame sens<a href=\"#_ftn42\">[42]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Pourchass\u00e9s, m\u00e9decins soignants et malades&nbsp;s\u2019organisent<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Si une conf\u00e9rence de consensus est cens\u00e9e permettre de surmonter une controverse et d\u2019arriver \u00e0 un compromis, ou tout au moins d\u2019acter les points de divergence, on peut \u00e0 bon droit se demander pourquoi le point de vue des m\u00e9decins minoritaires qui, d\u00e8s cette \u00e9poque, soignaient les malades avec un certain succ\u00e8s, n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 pris en compte en 2006. En r\u00e9alit\u00e9, le soi-disant \u00ab&nbsp;consensus&nbsp;\u00bb de 2006 n\u2019a jamais rien eu de consensuel. Il constituait simplement l\u2019affichage d\u2019une opinion, celle du groupe en situation d\u2019imposer son point de vue.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors m\u00eame qu\u2019elles \u00e9taient d\u00e9finitivement remises en cause Outre-Atlantique et que la chasse aux m\u00e9decins cessait l\u00e0-bas, en France les recommandations de ce \u00ab&nbsp;consensus&nbsp;\u00bb ont servi d\u2019alibi \u00e0 l\u2019Ordre des m\u00e9decins et aux Caisses d\u2019Assurance maladie pour engager des poursuites contre les praticiens qui ne les respectaient pas. Plusieurs m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s \u00e0 des interdictions d\u2019exercer de plusieurs mois pour \u00ab&nbsp;soins non-conformes aux donn\u00e9es actuelles de la science&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;prescriptions abusives de tests de d\u00e9pistage de borr\u00e9liose&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;absence d&rsquo;adaptation de la th\u00e9rapeutique aux r\u00e9sultats des tests biologiques&nbsp;\u00bb ou condamn\u00e9s \u00e0 rembourser les m\u00e9dicaments prescrits de fa\u00e7on non conforme au \u00ab&nbsp;consensus&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn43\">[43]<\/a>. Les m\u00e9thodes employ\u00e9es lors de leurs proc\u00e8s en disent long sur l\u2019acharnement dont ils ont \u00e9t\u00e9 l\u2019objet. Ainsi quatre-vingt-dix patients du docteur Cario, g\u00e9n\u00e9raliste \u00e0 Limonest, pr\u00e8s de Lyon, ont-ils \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9s par le m\u00e9decin-conseil de la Caisse d\u2019Assurance maladie dans le cadre de cette proc\u00e9dure. Ces patients n\u2019\u00e9taient pas inform\u00e9s du v\u00e9ritable motif de leur convocation. Ils ont \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9s \u00e0 se plaindre de leur m\u00e9decin, ce qu\u2019aucun d\u2019eux n\u2019a accept\u00e9 de faire <a href=\"#_ftn44\">[44]<\/a>. Tous rapportent que le fait qu\u2019ils aient \u00e9t\u00e9 am\u00e9lior\u00e9s ou gu\u00e9ris par leur m\u00e9decin ne semblait pas int\u00e9resser leur interlocuteur. Ce genre de m\u00e9thode s\u2019appelle une instruction \u00e0 charge exclusive. Lors de son proc\u00e8s, le docteur Cario a pr\u00e9sent\u00e9 les lettres de soutien de plus de cent patients. Aucune plainte n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e contre lui. Il a pourtant \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 par l\u2019Ordre, le 13 d\u00e9cembre 2016, \u00e0 quatre mois d\u2019interdiction d\u2019exercer.<\/p>\n\n\n\n<p>Viviane Schaller, biologiste m\u00e9dicale \u00e0 Strasbourg, a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e par le tribunal correctionnel de cette ville \u00e0 neuf mois de prison avec sursis et \u00e0 la fermeture d\u00e9finitive de son laboratoire pour escroquerie \u00e0 l\u2019Assurance maladie, \u00e0 laquelle elle doit rembourser 280&nbsp;000 euros, pour avoir pratiqu\u00e9 le test Western Blot All Diag, utilis\u00e9 en Allemagne car plus pr\u00e9cis que le Western Blot, mais non autoris\u00e9 en France<a href=\"#_ftn45\">[45]<\/a>. On peut donc \u00eatre condamn\u00e9 \u00e0 une tr\u00e8s lourde peine pour pratiquer, \u00e0 Strasbourg, un test utilis\u00e9 en toute l\u00e9galit\u00e9 de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du Rhin\u2026 Bernard Christophe, <strong>docteur en pharmacie sp\u00e9cialis\u00e9 en phyto-aromath\u00e9rapie, a lui aussi \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 neuf mois de prison avec sursis par le m\u00eame tribunal pour exercice ill\u00e9gal de la profession de pharmacien. Il avait <\/strong>commercialis\u00e9 un rem\u00e8de \u00e0 base d&rsquo;huiles essentielles d\u00e9nomm\u00e9 <strong>Tic-Tox<\/strong>. Vendu depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es et \u00e9videmment non rembours\u00e9 puisque relevant de la phytoth\u00e9rapie, ce m\u00e9dicament pl\u00e9biscit\u00e9 par les malades et par les v\u00e9t\u00e9rinaires qui l\u2019utilisaient n\u2019avait jamais provoqu\u00e9 aucun accident ni fait l\u2019objet d\u2019aucune plainte.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette chasse aux soignants avait \u00e9videmment pour objectif de refroidir l\u2019ardeur des m\u00e9decins qui, constatant l\u2019inefficacit\u00e9 des recommandations officielles, auraient pu \u00eatre tent\u00e9s de les ignorer. Pour les malades la situation est devenue critique car si les noms des \u00ab&nbsp;m\u00e9decins qui soignent&nbsp;\u00bb circulent, par le biais des associations de patients notamment, les journ\u00e9es de ceux-ci n\u2019ont que vingt-quatre heures. Obtenir un rendez-vous chez l\u2019un d\u2019eux reste une gageure. Les patients qui en ont les moyens vont parfois se faire soigner en Allemagne ou en Suisse, o\u00f9 des cliniques priv\u00e9es pourvues de standardistes polyglottes les accueillent \u00e0 prix d\u2019or. Une situation qui n\u2019est pas sans rappeler celle de l\u2019IVG avant la loi Veil.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Caisses d\u2019Assurance maladie ont aussi fait la chasse aux \u00ab&nbsp;faux malades&nbsp;\u00bb. En l\u2019impossibilit\u00e9 de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une ALD (Affection de longue dur\u00e9e), certains patients se sont vus priv\u00e9s d\u2019indemnit\u00e9s journali\u00e8res et pri\u00e9s de reprendre le travail alors qu\u2019ils en \u00e9taient incapables. Les forestiers, particuli\u00e8rement touch\u00e9s par la maladie, peinent \u00e0 la faire reconna\u00eetre comme maladie professionnelle. De nombreux malades racontent les remarques d\u00e9courageantes qu\u2019ils ont d\u00fb affronter de la part de sp\u00e9cialistes qui ne s\u2019int\u00e9ressent qu\u2019au r\u00e9sultat de l\u2019examen technique qu\u2019ils viennent de pratiquer. \u00ab&nbsp;Pour moi, vous n\u2019avez rien&nbsp;!&nbsp;\u00bb, telle est la conclusion que les malades atteints de borreliose entendent r\u00e9guli\u00e8rement tandis qu\u2019ils quittent, perclus de douleurs diverses, le cabinet d\u2019un sp\u00e9cialiste. R\u00e9cemment, les \u00ab&nbsp;consultations Lyme&nbsp;\u00bb se sont multipli\u00e9es, mais les malades en sortent dans la grande majorit\u00e9 des cas avec un diagnostic de maladie psychosomatique<a href=\"#_ftn46\">[46]<\/a>. La peine des malades est donc multiple&nbsp;: souffrances, handicap, mais aussi indiff\u00e9rence, sarcasmes, faux-diagnostics, sentiment d\u2019humiliation.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 l\u2019injustice que repr\u00e9sente le fait de ne pouvoir \u00eatre soign\u00e9s alors que dans la plupart des cas une gu\u00e9rison serait possible, les malades de Lyme ont commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019organiser. Des associations locales ou nationales ont vu le jour&nbsp;<a href=\"#_ftn47\">[47]<\/a>. Toutes r\u00e9clament la reconnaissance de la gravit\u00e9 de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie, de la forme chronique et des co-infections, de l\u2019insuffisance des tests existants, du caract\u00e8re inappropri\u00e9 des recommandations. Elles demandent que cesse la chasse aux m\u00e9decins qui ne les respectent pas, que les malades puissent b\u00e9n\u00e9ficier de cong\u00e9s de longue dur\u00e9e si besoin, que les g\u00e9n\u00e9ralistes soient correctement form\u00e9s ; que des recherches soient financ\u00e9es d\u2019urgence et des campagnes de pr\u00e9vention men\u00e9es. Ces associations ont apport\u00e9 leur soutien aux m\u00e9decins inculp\u00e9s et recueilli des dizaines de milliers de signatures en leur faveur<a href=\"#_ftn48\">[48]<\/a>. Elles organisent des actions de pr\u00e9vention, d\u2019information, de sensibilisation des \u00e9lus et, parfois m\u00eame, de formation des m\u00e9decins. Certaines organis\u00e9 ou particip\u00e9 \u00e0 des \u00ab&nbsp;Lyme Protest&nbsp;\u00bb nationaux ou internationaux<a href=\"#_ftn49\">[49]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains malades ont aussi d\u00e9cid\u00e9 de porter plainte. En octobre 2016, cent trente patients regroup\u00e9s dans le collectif Lymaction ont port\u00e9 plainte contre les laboratoires DiaSorin, BioM\u00e9rieux, Siemens, Euroimmun et Bio-Rad pour d\u00e9faut d\u2019information sur le manque de fiabilit\u00e9 du test Elisa<a href=\"#_ftn50\">[50]<\/a>. En f\u00e9vrier 2018, cinquante-neuf personnes d\u00e9non\u00e7ant de possibles conflits d&rsquo;int\u00e9r\u00eats entre autorit\u00e9s sanitaires et laboratoires ont d\u00e9pos\u00e9 une plainte aupr\u00e8s du parquet de Paris<a href=\"#_ftn51\">[51]<\/a>. La revue <em>Sciences et Avenir <\/em>avait d\u2019ailleurs fait \u00e9tat de l\u2019existence d\u2019une plaquette de publicit\u00e9 du laboratoire Biom\u00e9rieux r\u00e9dig\u00e9e par le Pr Beno\u00eet Jaulhac, responsable du Centre national de r\u00e9f\u00e9rence des Borrelia au CHU de Strasbourg, qui pr\u00e9sentait la machine Vidas, utilis\u00e9e pour la r\u00e9alisation des tests Elisa<a href=\"#_ftn52\">[52]<\/a>. Le professeur Jaulhac peut-il \u00eatre \u00e0 la fois expert aupr\u00e8s de la HAS et faire la publicit\u00e9 d\u2019une machine r\u00e9alisant les tests contest\u00e9s&nbsp;? La justice tranchera.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est certain, en tout cas, que la mobilisation des malades, conjugu\u00e9e ici \u00e0 celle de praticiens insatisfaits des recommandations officielles, est un facteur important d\u2019\u00e9volution de la situation, comme cela avait \u00e9t\u00e9 le cas, par exemple, avec la mobilisation des malades du Sida. Pourtant il ne semble pas que les associations de malades de Lyme se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 une quelconque exp\u00e9rience pass\u00e9e ou recherchent un rapprochement avec les malades souffrant d\u2019autres pathologies non ou mal reconnues.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Haut Conseil de la sant\u00e9 publique (HCSP), instance de conseil du ministre de la Sant\u00e9, a rendu le 28 mars 2014 un rapport sur la maladie de Lyme qui diff\u00e8re sensiblement du \u00ab&nbsp;consensus&nbsp;\u00bb de 2006 et laisse entendre qu\u2019un certain retard a \u00e9t\u00e9 pris en France<a href=\"#_ftn53\">[53]<\/a>. Il reconna\u00eet que les tests disponibles ne permettent pas toujours un diagnostic, pr\u00e9conise la recherche des co-infections et celle de nouveaux moyens diagnostiques. Le rapport pr\u00e9conise aussi le d\u00e9veloppement de recherches en sciences sociales permettant de prendre en compte le t\u00e9moignage des patients et leur exp\u00e9rience de la maladie<a href=\"#_ftn54\">[54]<\/a>.Il rappelle que le rapport du comit\u00e9 charg\u00e9 d&rsquo;\u00e9laborer la strat\u00e9gie nationale de sant\u00e9, dit Rapport Cordier, remis au gouvernement en juin 2013, pr\u00e9conise d\u2019accro\u00eetre le r\u00f4le et l\u2019implication des usagers et de leurs repr\u00e9sentants dans l\u2019am\u00e9lioration du syst\u00e8me de sant\u00e9 et appelle \u00e0 \u00ab&nbsp;promouvoir leur plus grande participation \u00e0 la d\u00e9finition des politiques publiques (\u2026) ; \u00e0 reconna\u00eetre leur r\u00f4le dans la production de nouvelles connaissances et leur implication dans la formation des professionnels de sant\u00e9 ; \u00e0 associer les usagers et leurs proches \u00e0 la d\u00e9finition des indicateurs de performance du syst\u00e8me et augmenter la prise en compte de leur point de vue \u00bb<a href=\"#_ftn55\">[55]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e0 la suite de ce rapport du HCSP qu\u2019est n\u00e9e, en 2015, sous l\u2019impulsion initiale du professeur Christian Perronne, chef de service en infectiologie au CHU de Garches, la F\u00e9d\u00e9ration fran\u00e7aise contre les maladies vectorielles \u00e0 tiques (FFMVT). Cette f\u00e9d\u00e9ration regroupe trois associations de patients, des m\u00e9decins et des chercheurs. Elle se fixe pour objectif de \u00ab&nbsp;promouvoir les droits des malades, d\u00e9finir les \u00e9volutions souhaitables dans la prise en charge des maladies vectorielles \u00e0 tiques, ce dans une d\u00e9marche de d\u00e9mocratie sanitaire, avec une \u00e9troite collaboration entre malades et professionnels&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn56\">[56]<\/a>. Il est int\u00e9ressant de voir appara\u00eetre, dans la formulation de ces objectifs, la notion de \u00ab&nbsp;d\u00e9mocratie sanitaire&nbsp;\u00bb, synonyme ici de participation des malades \u00e0 l\u2019\u00e9laboration des politiques les concernant.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant cette p\u00e9riode, les m\u00e9dias ont \u00e9galement jou\u00e9 un r\u00f4le, consacrant aux MVT nombre d\u2019\u00e9missions ou de documentaires. Le plus remarquable est celui de la journaliste Chantal Perrin \u00ab&nbsp;Quand les tiques attaquent&nbsp;!&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn57\">[57]<\/a>. Le 12 juillet 2016, <em>L\u2019Obs <\/em>publiait un \u00ab&nbsp;Cri d\u2019alarme&nbsp;\u00bb sign\u00e9 par cent m\u00e9decins de toutes sp\u00e9cialit\u00e9s<a href=\"#_ftn58\">[58]<\/a>. D\u00e9non\u00e7ant l\u2019inefficacit\u00e9 des tests en vigueur, ceux-ci &nbsp;proclamaient l\u2019urgence \u00e0 prendre en charge les malades, r\u00e9clamaient l\u2019arr\u00eat des poursuites contre les soignants, la cr\u00e9ation d\u2019unit\u00e9s hospitali\u00e8res sp\u00e9cialis\u00e9es, la r\u00e9alisation d\u2019un nouveau consensus et le financement de recherches.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Vers un nouveau consensus&nbsp;?<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Press\u00e9e par l\u2019action des malades et des m\u00e9decins ainsi que par les interpellations de parlementaires<a href=\"#_ftn59\">[59]<\/a>, la ministre de la Sant\u00e9, Marisol Tourainepr\u00e9senta, le 29 septembre 2016, un \u00ab&nbsp;Plan Lyme&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn60\">[60]<\/a>. Outre des mesures d\u2019information du public sur la n\u00e9cessit\u00e9 de se prot\u00e9ger des tiques et la promesse que des recherches allaient \u00eatre men\u00e9es, ce plan annon\u00e7ait qu\u2019un nouveau \u00ab&nbsp;Protocole national de diagnostic et de soins&nbsp;\u00bb allait \u00eatre \u00e9labor\u00e9 en lien avec les associations de patients pour remplacer le \u00ab&nbsp;consensus&nbsp;\u00bb de 2006, ainsi que l\u2019ouverture, d\u00e8s 2017, de centres m\u00e9dicaux sp\u00e9cialis\u00e9s. Ces bonnes intentions avaient de quoi r\u00e9jouir des malades. Pourtant, dans le m\u00eame temps, la chasse aux m\u00e9decins et aux \u00ab&nbsp;malades imaginaires&nbsp;\u00bb continuait, et deux ans apr\u00e8s leur annonce les campagnes de pr\u00e9vention significatives et la cr\u00e9ation de centres de prise en charge sp\u00e9cialis\u00e9s restent \u00e0 venir. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le groupe de travail charg\u00e9 d\u2019\u00e9laborer le nouveau protocole fut en revanche mis en place. Il comprenait des repr\u00e9sentants de la SPILF, de la FFMVT et d\u2019associations de patients. La FFMVT et les associations qui ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 garder leur autonomie ont donc r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019imposer comme des interlocuteurs n\u00e9cessaires des autorit\u00e9s de sant\u00e9. En mars 2018, apr\u00e8s dix-huit mois de n\u00e9gociations, les participants \u00e9taient parvenus \u00e0 un accord sur un nouveau protocole, qui fut valid\u00e9 par la HAS le 11 avril 2018. Mais alors que celui-ci aurait d\u00fb \u00eatre rendu public dans la foul\u00e9e, il n\u2019en fut rien. Le 5 juin, alors que sa publication se faisait toujours attendre sans raison connue, la revue <em>Sciences et Avenir<\/em> r\u00e9v\u00e9lait, preuve \u00e0 l\u2019appui, que la SPILF avait, en secret, adress\u00e9 \u00e0 la HAS un courriel dans lequel elle remettait en cause l\u2019accord qu\u2019elle venait de signer, au motif qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas clair<a href=\"#_ftn61\">[61]<\/a>. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que le protocole sur lequel les parties s\u2019\u00e9taient entendues recommande que le diagnostic soit appuy\u00e9 principalement sur l\u2019examen clinique en raison de la faible capacit\u00e9 des tests \u00e0 d\u00e9celer la maladie, la SPILF r\u00e9affirmait, dans son courriel, que&nbsp;\u00ab&nbsp;le diagnostic microbiologique est la pierre angulaire d\u2019une prise en charge optimale des patients et il ne peut persister d\u2019ambigu\u00eft\u00e9 sur ce point&nbsp;\u00bb. Alors que ce texte reconnait que \u00ab&nbsp;des sympt\u00f4mes \u00e9voquant la maladie de Lyme peuvent persister chez des personnes ayant \u00e9t\u00e9 trait\u00e9es aux antibiotiques&nbsp;\u00bb et leur consacre un chapitre, la SPILF souhaitait que ce passage soit revu car il pourrait \u00ab&nbsp;pr\u00eater \u00e0 confusion&nbsp;\u00bb. Elle remettait aussi en question le r\u00f4le d\u00e9volu aux patients dans le processus de soin, pr\u00e9tendant limiter leur r\u00f4le \u00e0 une participation au \u00ab&nbsp;fonctionnement&nbsp;\u00bb des centres sp\u00e9cialis\u00e9s. Autrement dit, sous pr\u00e9texte de clarification, elle revenait sur tous les points controvers\u00e9s. Le 19 juin, arguant qu\u2019\u00ab&nbsp;aucun argument \u00e9pid\u00e9miologique ne justifie une validation dans des d\u00e9lais contraints&nbsp;\u00bb, la SPILF&nbsp; annon\u00e7ait qu\u2019elle ne signerait pas le document qui allait \u00eatre publi\u00e9, le qualifiant de \u00ab&nbsp;premi\u00e8re version&nbsp;\u00bb alors qu\u2019il s\u2019agit bien d\u2019un texte final qu\u2019elle a n\u00e9goci\u00e9 et sign\u00e9<a href=\"#_ftn62\">[62]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s plus de deux mois d\u2019attente, le nouveau protocole fut finalement rendu public le 20 juin, sous le nom de Recommandation&nbsp;de bonne pratique<a href=\"#_ftn63\">[63]<\/a>. Il comporte des avanc\u00e9es importantes, parmi lesquels la reconnaissance du caract\u00e8re inappropri\u00e9 des tests dans certains cas au moins, la possibilit\u00e9 que subsistent des sympt\u00f4mes invalidants chez des patients d\u00e9j\u00e0 trait\u00e9s ou s\u00e9ron\u00e9gatifs, ou le fait que l\u2019orientation vers un service de psychiatrie ne devra plus \u00eatre la sortie de secours des praticiens d\u00e9sempar\u00e9s. La n\u00e9cessit\u00e9 de cr\u00e9er des centres sp\u00e9cialis\u00e9s est r\u00e9affirm\u00e9e ainsi que le fait que les associations de patients devront \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9es dans leurs comit\u00e9s de direction. Ces centres devront mettre en route des programmes de recherche. Les recommandations de soin devront \u00eatre actualis\u00e9es r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, et comprenne qui pourra, alors que ce texte affirme la mauvaise efficacit\u00e9 des tests existants<a href=\"#_ftn64\">[64]<\/a>, lors de la conf\u00e9rence de presse au cours de laquelle il fut pr\u00e9sent\u00e9, les repr\u00e9sentants la HAS r\u00e9affirm\u00e8rent\u2026 le contraire.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, la FFMVT d\u00e9couvrait que, suite \u00e0 la pression exerc\u00e9e par la SPILF, le texte sign\u00e9 en mars avait \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 en trois endroits diff\u00e9rents&nbsp;sans qu\u2019elle ait \u00e9t\u00e9 consult\u00e9e : ajout d\u2019une phrase tendant \u00e0 minimiser les risques de transmission<a href=\"#_ftn65\">[65]<\/a>, retour de la pr\u00e9conisation d\u2019un s\u00e9rologie en deux temps en cas de forme diss\u00e9min\u00e9e pr\u00e9coce de la maladie<a href=\"#_ftn66\">[66]<\/a>, ajout d\u2019une annexe sur la \u00ab&nbsp;fiabilit\u00e9 des s\u00e9rologies&nbsp;\u00bb. Ainsi donc, la HAS avait accept\u00e9, sous la pression de la SPILF, de modifier un texte n\u00e9goci\u00e9 pendant dix-huit mois et sign\u00e9 par celle-ci, contrevenant ainsi aux r\u00e8gles les plus \u00e9l\u00e9mentaires de la d\u00e9mocratie.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces diff\u00e9rentes entorses \u00e0 la d\u00e9mocratie s\u2019expliquent assez facilement. On savait, d\u00e8s le d\u00e9but des n\u00e9gociations, que la SPILF \u00e9tait oppos\u00e9e \u00e0 la r\u00e9vision du \u00ab&nbsp;consensus&nbsp;\u00bb de 2006. Elle l\u2019avait fait savoir officiellement en juillet 2016<a href=\"#_ftn67\">[67]<\/a>. Comment se fait-il que, dans ce contexte, elle ait pu \u00eatre nomm\u00e9e <em>co-pilote, avec la HAS<\/em>, du groupe de travail charg\u00e9 d\u2019\u00e9laborer un nouveau protocole&nbsp;? Elle se trouvait ainsi juge et partie. En d\u00e9mocratie, des n\u00e9gociations honn\u00eates ne peuvent se tenir que sous la houlette d\u2019une instance non partisane et le minist\u00e8re de la Sant\u00e9, en acceptant qu\u2019il en soit autrement, n\u2019a pas jou\u00e9 le r\u00f4le de protection des patients qui devrait \u00eatre le sien. Par ailleurs, pour qu\u2019une n\u00e9gociation puisse se tenir, il faut <em>a minima <\/em>que soit reconnue par tous les n\u00e9gociateurs l\u2019existence d\u2019une position diff\u00e9rente de la leur. Si les membres de la FFMVT reconnaissent l\u2019existence d\u2019une controverse, ceux de la SPILF persistent, eux, \u00e0 nier qu\u2019une position diff\u00e9rente de la sienne puisse m\u00eame exister<a href=\"#_ftn68\">[68]<\/a>. Au lieu de consid\u00e9rer les m\u00e9decins qui ne partagent pas leurs id\u00e9es comme des pairs avec lesquels il convient de discuter, ils les traitent de charlatans et d\u00e9nient en bloc l\u2019existence des donn\u00e9es scientifiques sur lesquels ceux-ci s\u2019appuient<a href=\"#_ftn69\">[69]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Apparemment non satisfaite des modifications obtenues en sous-main, la SPILF a publi\u00e9 le 19 juillet un communiqu\u00e9 intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;Pourquoi les soci\u00e9t\u00e9s scientifiques et professionnelles refusent de cautionner la recommandation de bonne pratique \u00e9labor\u00e9e par la HAS&nbsp;\u00bb <a href=\"#_ftn70\">[70]<\/a>. Ce n\u2019est pourtant pas la HAS qui a \u00e9labor\u00e9 ce texte, mais bien la SPILF elle-m\u00eame, en commun avec la FFMVT et les associations de patients. Le titre de ce communiqu\u00e9 est donc mensonger.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de la n\u00e9gociation la SPILF avait \u00e0 l\u2019\u00e9vidence perdu du terrain. Elle cherche donc d\u00e9sormais le soutien d\u2019associations qui n\u2019ont pas particip\u00e9 \u00e0 cette n\u00e9gociation, et elle en trouve puisque treize \u00ab&nbsp; soci\u00e9t\u00e9s savantes impliqu\u00e9es dans la prise en charge des maladies transmises par les tiques&nbsp;\u00bb se sont jointes \u00e0 elles pour signer ce communiqu\u00e9. Les patients, qui peinent \u00e0 faire reconna\u00eetre leur maladie, sont sans doute \u00e9tonn\u00e9s d\u2019apprendre que tant de soci\u00e9t\u00e9s sont impliqu\u00e9es dans sa prise en charge&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Acad\u00e9mie de m\u00e9decine a elle aussi fait conna\u00eetre sa \u00ab&nbsp;d\u00e9ception&nbsp;\u00bb face \u00e0 la nouvelle recommandation de la HAS<a href=\"#_ftn71\">[71]<\/a> et r\u00e9it\u00e9r\u00e9 l\u2019opinion qu\u2019elle avait formul\u00e9e en octobre 2017 et que dix-huit mois de n\u00e9gociations n\u2019ont pas \u00e9branl\u00e9e<a href=\"#_ftn72\">[72]<\/a>. D\u00e9niant toujours la forme chronique de la maladie, elle s\u2019oppose \u00e0 la cr\u00e9ation de centres sp\u00e9cialis\u00e9s, \u00ab&nbsp;proposition dispendieuse&nbsp;\u00bb. Les opinions diff\u00e9rant de la sienne sont qualifi\u00e9es, dans son communiqu\u00e9, &nbsp;de \u00ab&nbsp;d\u00e9rives et tromperies&nbsp;\u00bb&nbsp;; la FFMVT, de regroupement \u00ab&nbsp;d\u2019associations militantes&nbsp;\u00bb&nbsp;; l\u2019action des patients de \u00ab&nbsp;chantage de groupes de pression&nbsp;\u00bb et de \u00ab&nbsp;campagnes de d\u00e9sinformation men\u00e9es par les pros\u00e9lytes des doctrines d&rsquo;une association am\u00e9ricaine\u2026&nbsp;\u00bb. Quant aux m\u00e9decins de la FFMVT, ils seraient \u00ab&nbsp;forts de leur unique conviction&nbsp;\u00bb, m\u00e9priseraient \u00ab&nbsp;toute&nbsp; d\u00e9marche scientifique&nbsp;\u00bb et certains d\u2019entre eux seraient \u00ab&nbsp;soumis \u00e0 des liens d\u2019int\u00e9r\u00eats&nbsp;\u00bb. \u00c0 d\u00e9faut d\u2019un accord sur le fond, m\u00e9decins et patients seraient en droit d\u2019attendre, de la part de l\u2019Acad\u00e9mie, un peu plus de respect. L\u2019accusation de \u00ab&nbsp;liens d\u2019int\u00e9r\u00eats&nbsp;\u00bb, notamment, port\u00e9e sans l\u2019ombre d\u2019une justification, tient de la calomnie.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, les partisans du statu quo jouent l\u00e0 les prolongations d\u2019un combat d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 perdu, comme le montre l\u2019\u00e9volution de la classification internationale des maladies (ICD) de l\u2019OMS. Celle-ci mentionnait depuis longtemps la maladie de Lyme et la multiplicit\u00e9 des formes qu\u2019elle peut prendre, comme la borreliose cardiaque, l\u2019arthrite de Lyme etc. La nouvelle version de cette classification (ICD11), publi\u00e9e le 11 juin 2018, ajoute aux formes d\u00e9j\u00e0 r\u00e9pertori\u00e9es la borr\u00e9liose cong\u00e9nitale, la d\u00e9mence et la d\u00e9my\u00e9linisation du syst\u00e8me nerveux central li\u00e9es \u00e0 la borreliose<a href=\"#_ftn73\">[73]<\/a>. La diversit\u00e9 des pathologies s\u00e9v\u00e8res dues \u00e0 Borrelia est donc de mieux en mieux reconnue par l\u2019instance mondiale de gouvernement de la sant\u00e9. En France, la SPILF et ceux qui partagent son point de vue ne pourront pas emp\u00eacher ind\u00e9finiment la reconnaissance des donn\u00e9es scientifiques, mais ils retardent la prise en charge des malades, un comportement qui peut para\u00eetre \u00e9trange de la part de m\u00e9decins.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Ce que l\u2019affaire Lyme nous apprend du fonctionnement de certains m\u00e9decins<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>&nbsp;\u00ab&nbsp;\u2026 Aucun m\u00e9decin digne de sa fonction ne s&rsquo;opposera \u00e0 ce qui soulage les patients&nbsp;: quel en serait l&rsquo;int\u00e9r\u00eat&nbsp;?&nbsp;\u00bb, \u00e9crit la SPILF<a href=\"#_ftn74\">[74]<\/a>. Telle est effectivement la question. Pourquoi des m\u00e9decins en arrivent-ils \u00e0 se comporter d\u2019une fa\u00e7on qui a pour cons\u00e9quence de laisser les malades en souffrance alors que des solutions, au moins partielles, sont connues&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cette question, certains r\u00e9pondront que des int\u00e9r\u00eats financiers, personnels ou plus indirects (financement de leurs recherches, par exemple) sont certainement en jeu. Cette r\u00e9ponse se con\u00e7oit au vu des divers pr\u00e9c\u00e9dents dans lesquels elle s\u2019est av\u00e9r\u00e9e exacte. Dans le cas qui nous int\u00e9resse ici, cependant, rien de semblable n\u2019a encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9. Et quoi qu\u2019il en soit, ces \u00e9ventuels int\u00e9r\u00eats financiers n\u2019expliqueraient pas pourquoi de nombreux g\u00e9n\u00e9ralistes ou sp\u00e9cialistes qui travaillent en lib\u00e9ral, ne font pas de recherche, n\u2019ont \u00e0 l\u2019\u00e9vidence aucun lien avec des fabricants de tests ou de m\u00e9dicaments, persistent \u00e0 d\u00e9fendre, eux aussi, le statu quo. D\u2019autres \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse doivent donc \u00eatre recherch\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9voquerai en premier lieu la fa\u00e7on dont la SPILF ou ceux qui partagent sa vision con\u00e7oivent les patients. Ces m\u00e9decins affirment que leur seul but est de soigner les malades. Mais la conception qu\u2019ils en ont est d\u2019un autre temps. \u00c0 les en croire, ceux-ci ne devraient pas avoir d\u2019opinion sur la fa\u00e7on dont ils sont soign\u00e9s. D\u00e8s lors qu\u2019ils en ont une et la font conna\u00eetre, ils sont consid\u00e9r\u00e9s soit comme des militants de groupes de pression coupables de&nbsp;chantage et de d\u00e9sinformation, soit comme des personnes cr\u00e9dules, victimes des m\u00e9dias et de charlatans. Ces patients-l\u00e0 <em>veulent<\/em> avoir la maladie de Lyme, parce qu\u2019ils ont entendu parler de cette<em> maladie \u00e0 la mode.<\/em> Ils sont victimes \u00ab&nbsp;d\u2019\u00e9motion&nbsp;\u00bb, &nbsp;de \u00ab&nbsp;psychose&nbsp;\u00bb ou de \u00ab&nbsp;complotisme&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn75\">[75]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Il est de notre devoir d\u2019aider ces patients. Cependant, leur faire croire que la m\u00e9decine s\u2019est tromp\u00e9e n\u2019est pas la solution&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn76\">[76]<\/a>. Les patients n\u2019ont pourtant nul besoin qu\u2019on leur <em>fasse croire<\/em> quoi que ce soit. Ils ne sont pas des na\u00effs incapables de s\u2019informer et de se faire une opinion. Les patients, d\u00e9sormais, portent mal leur nom. Ils sont des personnes pensantes, capables de distinguer quels m\u00e9decins les traitent avec \u00e9gard ou ne le font pas, quels traitements les soulagent ou ne les soulagent pas. Ils savent d\u00e9crire ce qu\u2019ils ressentent et quand ils sont, comme c\u2019est le cas ici, des milliers \u00e0 d\u00e9crire les m\u00eames souffrances, la m\u00eame errance m\u00e9dicale et le m\u00eame sentiment d\u2019abandon, la SPILF et l\u2019Acad\u00e9mie de m\u00e9decine gagneraient \u00e0 les \u00e9couter. Toutes les recommandations en mati\u00e8re de sant\u00e9 publique le disent maintenant&nbsp;: ils doivent \u00eatre associ\u00e9s \u00e0 la d\u00e9finition des politiques de sant\u00e9. Mais cela, certains m\u00e9decins ne l\u2019ont pas encore admis, l\u2019id\u00e9e m\u00eame leur est insupportable. Cette non-reconnaissance du r\u00f4le des patients dans la constitution des connaissances et la volont\u00e9 de les cantonner dans un r\u00f4le subalterne me para\u00eet \u00eatre l\u2019un des fondements du d\u00e9ni dont font preuve les partisans du statu quo, car la contestation des connaissances tenues pour acquises est venue, d\u2019abord et avant tout, de ces patients.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette conception d\u2019un patient d\u00e9nu\u00e9 de savoir n\u2019est pas le seul \u00e9l\u00e9ment explicatif. Dans les chapitres 9 et 10 de son livre d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9<a href=\"#_ftn77\">[77]<\/a>, Christian Perronne montre en quoi les d\u00e9couvertes scientifiques r\u00e9centes sur les crypto-infections (MVT et autres) sont susceptibles de bouleverser en profondeur les connaissances tenues pour acquises dans le domaine de l\u2019infectiologie et les pratiques r\u00e9centes de la recherche m\u00e9dicale, comme les \u00e9tudes randomis\u00e9es en double aveugle, qui ne sont pas sans poser de s\u00e9rieux probl\u00e8mes mais hors desquelles il n\u2019est aujourd\u2019hui point de salut. Ce bouleversement des connaissances et cette mise en cause des pratiques de recherche semblent insupportables \u00e0 certains m\u00e9decins, qui paraissent avoir oubli\u00e9 que la m\u00e9decine qu\u2019ils pratiquent n\u2019est que celle <em>d\u2019un moment<\/em> de l\u2019histoire de la m\u00e9decine, que leurs savoirs sont et seront r\u00e9guli\u00e8rement appel\u00e9s \u00e0 changer, et que les connaissances nouvelles ne s\u2019additionnent pas toujours \u00e0 celles que l\u2019on avait auparavant, mais vont souvent \u00e0 leur encontre. Au lieu d\u2019\u00eatre attentifs aux pistes nouvelles, particuli\u00e8rement lorsqu\u2019ils sont en situation d\u2019\u00e9chec face \u00e0 une maladie, ils se raidissent sur leurs positions, consid\u00e9rant la remise en cause de leurs connaissances comme une agression. Cette attitude peut s\u2019expliquer tout \u00e0 la fois par un manque de curiosit\u00e9 intellectuelle (qui en l\u2019occurrence devient une faute professionnelle) et par la crainte que les connaissances nouvelles ne remettent en cause les positions acquises et l\u2019autorit\u00e9 qu\u2019elles leur conf\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre cause possible du d\u00e9ni est le fait que les MVT mettent au jour l\u2019impasse dans laquelle s\u2019est enferr\u00e9e la m\u00e9decine en devenant de plus en plus technique et en soignant non pas des patients mais des organes. \u00c0 chaque douleur que le g\u00e9n\u00e9raliste ne parvient pas \u00e0 soulager, son sp\u00e9cialiste. Chacun d\u2019eux pratique des examens tr\u00e8s techniques, qu\u2019il ma\u00eetrise bien, mais ne s\u2019occupe pas du patient en lui-m\u00eame. D\u2019o\u00f9 les innombrables \u00ab&nbsp;Vous n\u2019avez rien&nbsp;\u00bb entendus par des patients alors qu\u2019un \u00ab&nbsp;Je ne sais pas dire de quoi vous souffrez&nbsp;\u00bb serait \u00e0 la fois plus conforme \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, plus humble et plus empathique. Certes, le g\u00e9n\u00e9raliste est un coordinateur qui devrait, en principe, se faire une id\u00e9e d\u2019ensemble du tableau clinique. Mais les malades de Lyme disent bien comment la plupart d\u2019entre eux entendent traiter leurs probl\u00e8mes s\u00e9par\u00e9ment les uns des autres et non comme des sympt\u00f4mes vari\u00e9s d\u2019une m\u00eame maladie. Une m\u00e9decine qui s\u2019occupe d\u2019organes et non de patients s\u2019emp\u00eache de d\u00e9celer une maladie aussi syst\u00e9mique que la borreliose. Mais dire cela, c\u2019est remettre en cause tout le fonctionnement de la m\u00e9decine actuelle. On comprend que la r\u00e9sistance soit forte.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est enfin un argument auquel les infectiologues sont tr\u00e8s attach\u00e9s, qui leur para\u00eet m\u00eame l\u2019argument supr\u00eame, mais que je voudrais pourtant discuter. C\u2019est celui de la fa\u00e7on d\u2019apporter la preuve.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Notre responsabilit\u00e9 de m\u00e9decin et de sp\u00e9cialiste est de traiter les patients \u00e0 partir de donn\u00e9es v\u00e9rifi\u00e9es. C&rsquo;est ce que les Anglo-saxons appellent l&rsquo;<em>evidence-based medicine<\/em>&nbsp;(m\u00e9decine fond\u00e9e sur des preuves), moins \u00e0 risque d&rsquo;erreur que l&rsquo;<em>experience-based medicine<\/em> ou, pire encore, l&rsquo;<em>eminence-based medicine<\/em>, pour laquelle quelques leaders communiquent leurs convictions par les m\u00e9dias grand public, puisque leur argumentation ne passe pas par les revues scientifiques<a href=\"#_ftn78\">[78]<\/a>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On sera ais\u00e9ment d\u2019accord sur le fait que la m\u00e9decine ne peut \u00eatre bas\u00e9e sur les \u00ab&nbsp;convictions&nbsp;\u00bb de quelques \u00ab&nbsp;leaders&nbsp;\u00bb. Quant au reste de l\u2019argumentation\u2026 Je ne commenterai pas l\u2019assertion selon laquelle l\u2019argumentation des m\u00e9decins vis\u00e9s ici ne passerait pas par les revues scientifiques. Les longues listes de r\u00e9f\u00e9rences disponibles sur le site de la FFMVT parlent d\u2019elles-m\u00eames<a href=\"#_ftn79\">[79]<\/a>. Mais je discuterai le fait que la m\u00e9decine <em>evidence based <\/em>pr\u00e9sente moins de risque d\u2019erreur que la m\u00e9decine <em>experience based. <\/em>Cette affirmationest tout \u00e0 fait discutable aux yeux d\u2019une chercheuse en histoire, habitu\u00e9e \u00e0 fonder les connaissances nouvelles qu\u2019elle cr\u00e9e sur des \u00e9tudes empiriques. Des connaissances tout aussi provisoires ou incompl\u00e8tes mais tout aussi s\u00e9rieuses que celles de la m\u00e9decine. Le fait que les sciences dites \u00ab&nbsp;dures&nbsp;\u00bb consid\u00e8rent les sciences humaines et sociales comme moins scientifiques qu\u2019elles n\u2019est pas nouveau, et la question de l\u2019administration de la preuve a suscit\u00e9 une immense litt\u00e9rature. Je parlerai pas ici de l\u2019administration de la preuve en g\u00e9n\u00e9ral, mais de la preuve de l\u2019existence de la forme chronique de la borreliose. Ind\u00e9pendamment m\u00eame des articles scientifiques que j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9s, la preuve de son existence est, \u00e0 mes yeux, apport\u00e9e par les milliers de malades qui, en France ou ailleurs, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 soign\u00e9s selon les recommandations de l\u2019IDSA ou jamais soign\u00e9s du tout, pr\u00e9sentent des sympt\u00f4mes certes peu sp\u00e9cifiques mais pourtant r\u00e9v\u00e9lateurs pour qui veut bien les observer&nbsp;attentivement. Les m\u00e9decins qui entendent ne conna\u00eetre que la m\u00e9decine <em>evidence based<\/em> ne savent pas dire de quoi souffrent ces patients ni les soigner. En revanche, les m\u00e9decins qui affirment qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019infections chroniques d\u2019un type encore mal connu, d\u2019infections \u00ab&nbsp;cach\u00e9es&nbsp;\u00bb, ou \u00ab&nbsp;froides&nbsp;\u00bb, et qui pr\u00e9conisent des traitements antiinfectieux prolong\u00e9s, obtiennent de nombreuses gu\u00e9risons. Il s\u2019agit l\u00e0 de <em>faits<\/em>, constat\u00e9s par milliers dans de nombreux pays, et qui sont &nbsp;\u00e0 mes yeux <em>une autre fa\u00e7on d\u2019apporter<\/em> <em>la preuve. <\/em>Contrairement \u00e0 ce que dit la SPILF, dans le cas des MVT, la m\u00e9decine <em>evidence based<\/em> comporte actuellement plus de risques d\u2019erreur que la m\u00e9decine <em>experience based<\/em>. Elle est source de faux diagnostics et de refus de soin.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne s\u2019agit nullement de contester l\u2019utilit\u00e9 des preuves microbiologiques. Les m\u00e9decins qui soignent les MVT auraient grand besoin de savoir quels parasites ils combattent, au lieu de travailler \u00e0 l\u2019aveugle comme c\u2019est souvent le cas actuellement. Il s\u2019agit de dire que, les choses \u00e9tant ce qu\u2019elles sont, la constatation empirique de faits r\u00e9p\u00e9t\u00e9s des milliers de fois et l\u2019exp\u00e9rience (celle des m\u00e9decins comme celle des malades), ont actuellement une valeur de preuve sup\u00e9rieure \u00e0 celle de tests s\u00e9rologiques inefficaces.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est \u00e9vident qu\u2019\u00e0 l\u2019exception, sans doute, de quelques cas d\u2019hypocondrie, aucune personne en bonne sant\u00e9 ne <em>veut <\/em>avoir la maladie de Lyme \u2014 ni aucune autre maladie d\u2019ailleurs. Il est tout aussi certain que des milliers de patients, vivant dans des pays diff\u00e9rents et ne se connaissant pas, n\u2019ont pas \u00ab&nbsp;complot\u00e9&nbsp;\u00bb pour pr\u00e9tendre souffrir de la m\u00eame maladie. La plupart des patients qui t\u00e9moignent ignoraient d\u2019ailleurs jusqu\u2019\u00e0 l\u2019existence de cette maladie avant qu\u2019un diagnostic correct ne leur apprenne enfin de quoi ils souffrent. C\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 gu\u00e9ris qu\u2019ils t\u00e9moignent, pour tenter d\u2019\u00e9viter \u00e0 d\u2019autres le chemin de croix qui a \u00e9t\u00e9 le leur et pour faire avancer la recherche de solutions. Accorder quelque cr\u00e9dit \u00e0 leur t\u00e9moignage serait une preuve de respect \u00e0 leur \u00e9gard, mais aussi une fa\u00e7on de faire avancer nos connaissances. Malheureusement, cette fa\u00e7on d\u2019\u00e9tablir les faits, propre aux sciences sociales, remet en cause l\u2019un des postulats fondamentaux de la m\u00e9decine actuelle, qui veut que tout ce qu\u2019un examen microbiologique ou une imagerie m\u00e9dicale quelconque ne montre pas, n\u2019existe pas. La pratique de l\u2019interdisciplinarit\u00e9, l\u2019ouverture des m\u00e9decins \u00e0 des m\u00e9thodes diff\u00e9rentes des leurs mais non moins aptes \u00e0 faire avancer les connaissances, le rappel qu\u2019un m\u00e9decin est l\u00e0 pour entendre la souffrance d\u2019un patient et non seulement pour mettre en \u0153uvre une technique, permettraient d\u2019avancer plus vite dans la compr\u00e9hension des MVT et des crypto-infections en g\u00e9n\u00e9ral, soup\u00e7onn\u00e9es depuis tr\u00e8s longtemps mais jamais s\u00e9rieusement explor\u00e9es. Cela supposerait que la voix des patients d\u2019une part, les m\u00e9thodes des sciences sociales d\u2019autre part, soient reconnues \u00e0 leur juste valeur. On en est malheureusement tr\u00e8s loin.<\/p>\n\n\n\n<p>12 ao\u00fbt 2018<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> La HAS est une \u00ab&nbsp;autorit\u00e9 publique ind\u00e9pendante \u00e0 caract\u00e8re scientifique&nbsp;\u00bb dont les missions consistent notamment \u00e0 recommander des politiques des sant\u00e9 publique et des \u00ab&nbsp;bonnes pratiques&nbsp;\u00bb aupr\u00e8s des professionnels de la sant\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> O. Brorson, S.H. Brorson, \u201cIn vitro conversion of Borrelia burgdorferi to cystic forms in spinal fluid, and transformation to mobile spirochetes by incubation in BSK-H medium\u201d, <em>Infection<\/em>, 1998, 26, p. 144-50.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> P.A. Schelsinger, A.C. Steere <em>et al<\/em>., \u00ab&nbsp;Maternal-Fetal Transmission of the Lyme Disease Spirochete, Borrelia burgdorferi&nbsp;\u00bb, <em>Annals of internal medicine<\/em>, 103, juil. 1985, p. 67-68.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> Pour plus de d\u00e9tails sur la maladie, voir la bibliographie figurant sur <a href=\"http:\/\/ffmvt.org\/site-des-professionnels\/bibliographie\/\">http:\/\/ffmvt.org\/site-des-professionnels\/bibliographie\/<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> <a href=\"http:\/\/invs.santepubliquefrance.fr\/beh\/2010\/hs\/beh_hs.pdf\">http:\/\/invs.santepubliquefrance.fr\/\/beh\/2010\/hs\/beh_hs.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.infectiologie.com\/UserFiles\/File\/formation\/desc\/2016\/desc-mit-2016-lyme.pdf\">http:\/\/www.infectiologie.com\/UserFiles\/File\/formation\/desc\/2016\/desc-mit-2016-lyme.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> Y.O. Sanogo <em>et al. <\/em><em>\u201c<\/em>Bartonella henselae in Ixodes ricinus ticks (Acari: Ixodida) removed from humans, Belluno province, Italy\u201d, <em>Emerging Infectious Diseases Journal<\/em>, 9, 2003, p. 329-32. P. Brouqui <em>et al., \u201c<\/em>Guidelines for the diagnosis of tick-borne bacterial diseases in Europe\u201d, <em>Clinical Microbiology and Infection<\/em>, 10, 2004, p. 1108-32. R.G. Maggi <em>et al<\/em>, \u201cbacteremia and rheumatic symptoms in patients from Lyme disease-endemic region\u201d, <em>Emerging Infectious Diseases Journal,<\/em> 18, 2012, p. 783-91. M.Vayssier-Taussat<em> <\/em><em>et al<\/em>, \u201cNext Generation Sequencing Uncovers Unexpected Bacterial Pathogens in Ticks in Western Europe\u201d <em>Plos One<\/em>, 8 (11), 2013, e81439.<\/p>\n\n\n\n<p>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a> Liste sur http:\/\/francelyme.fr\/mediatiques\/diagnostic-et-traitements\/symptomes\/<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a> <a href=\"http:\/\/solidarites-sante.gouv.fr\/IMG\/pdf\/2006-lyme-long_2_.pdf\">http:\/\/solidarites-sante.gouv.fr\/IMG\/pdf\/2006-lyme-long_2_.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a><a href=\"http:\/\/www.reseauborreliose.fr\/index.php\/post\/2011\/10\/09\/Mais-o%C3%B9-sont-les-rapports-fran%C3%A7ais\">http:\/\/www.reseauborreliose.fr\/index.php\/post\/2011\/10\/09\/Mais-o%C3%B9-sont-les-rapports-fran%C3%A7ais<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a> Sentinelles associe l\u2019INSERM, M\u00e9decine Sorbonne Universit\u00e9 et Sant\u00e9 publique France.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\">[12]<\/a> Des donn\u00e9es les plus r\u00e9centes (19 juin 2018) sur&nbsp; <a href=\"http:\/\/invs.santepubliquefrance.fr\/beh\/2018\/19-20\/2018_19-20_1.html\">http:\/\/invs.santepubliquefrance.fr\/beh\/2018\/19-20\/2018_19-20_1.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\">[13]<\/a> <a href=\"https:\/\/fr.calameo.com\/read\/005154450832d33a19768\">https:\/\/fr.calameo.com\/read\/005154450832d33a19768<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\">[14]<\/a> https:\/\/www.cdc.gov\/lyme\/stats\/humancases.html<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\">[15]<\/a> Entretien paru dans <em>LaNutrition.fr, <\/em>oct. 2014, cit\u00e9 par R. Lenglet et Ch. Perrin,&nbsp; <em>L\u2019affaire de la maladie de Lyme. Une enqu\u00eate. <\/em>Arles, Actes Sud, 2016, p. 65.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\">[16]<\/a> E. Lindgren, T.G.T. Jaenson, <em>Lyme borreliosis in Europe: influences of climate and climate change, epidemiology, ecology and adaptation measures<\/em>, World Health Organization, 2006, 34 p.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\">[17]<\/a> K. Bando\u0142a <em>et al.<\/em>, \u201cThe Lyme disease as the increasing health problem in Ma\u0142opolskie voivodeship compared with Poland in 1998-2014\u201d, <em>Przegl\u0105d Epidemiologiczny, Epidemiological Review Quarterly, Journal of the National Institute of Public Health<\/em>, 70(4), 2016, p. 529-538.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref18\">[18]<\/a> P. Hopf-Seidel, <em>La borr\u00e9liose chronique et persistante<\/em>, (traduction 2011 de<em> Krank nach Zeckenstich, Borreliose erkennen und wirksam behandeln<\/em>, Droemer Knaur Verlag, 2008, 320 p.) <a href=\"http:\/\/www.dr-hopf-seidel.de\/artikel-und-vortraege.html\">http:\/\/www.dr-hopf-seidel.de\/artikel-und-vortraege.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref19\">[19]<\/a> R\u00e9union au minist\u00e8re de la Sant\u00e9 allemand, cit\u00e9 par R. Lenglet et Ch. Perrin, <em>L\u2019affaire\u2026, op. cit. <\/em>p. 53.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref20\">[20]<\/a> http:\/\/www.sa.inra.fr\/Toutes-les-actualites\/L-ecureuil-de-Siberie<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref21\">[21]<\/a> D\u2019autres tests existent, non autoris\u00e9s en France, mais leur fiabilit\u00e9 n\u2019est pas attest\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref22\">[22]<\/a> Arr\u00eat\u00e9 du 20\/09\/2005 modifiant l\u2019arr\u00eat\u00e9 du 3 avril 1985 fixant la Nomenclature des actes de biologie m\u00e9dicale.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref23\">[23]<\/a> M. J. Cook, &amp; B. K.Puri, \u201cCommercial test kits for detection of Lyme borreliosis: a meta-analysis of test accuracy\u201d, <em>International Journal of General Medicine, <\/em>9<strong>,<\/strong> 2016, p. 427\u2013440. J.A. Branda, E.S. Rosenberg, \u201cBorrelia miyamotoi: A Lesson in Disease Discovery\u201d, <em>Annals of Internal Medicine<\/em>, 159, 2013, p. 61\u201362. ; F. Blanc <em>et al.<\/em>, \u201cRelevance of the antibody index to diagnose Lyme neuroborreliosis among seropositive patients\u201d, <a href=\"https:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/pubmed\/17785663\">&nbsp;<em>Neurology<\/em>,<\/a> 4, 69(10), 2007, p. 953-958.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref24\">[24]<\/a> Sur la mani\u00e8re dont le 2007 test a \u00e9t\u00e9 param\u00e9tr\u00e9, voir C. Perronne,&nbsp;\u201cLyme disease antiscience\u201d, <em>The Lancet Infectious Diseases,<\/em> 12, 2012, p. 361\u2013362.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref25\">[25]<\/a> C. Perronne, <em>La V\u00e9rit\u00e9 sur la maladie de Lyme. Infections cach\u00e9es, vies bris\u00e9es. Vers une nouvelle m\u00e9decine. <\/em>Paris, Odile Jacob, 2017, p. 77.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref26\">[26]<\/a> \u00ab&nbsp;Negative results by LIAISON\u00ae Borrelia burgdorferi assay should not be used to exclude Lyme disease&nbsp;\u00bb \u00e9crit le laboratoire Diasorin sur <a href=\"http:\/\/www.diasorin.com\/en\/liaisonr-borrelia-burgdorferi\">http:\/\/www.diasorin.com\/en\/liaisonr-borrelia-burgdorferi<\/a>. La phrase \u00ab&nbsp;Un Western Blot n\u00e9gatif ne permet pas \u00e0 lui seul d\u2019exclure une borr\u00e9liose de Lyme&nbsp;\u00bb&nbsp; figure sur la feuille de r\u00e9sultats que le laboratoire de biologie Gintz adresse \u00e0 ses patients.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref27\">[27]<\/a> M.J. Cook &amp; B.K. Puri, \u201cCommercial test kits\u201d <em>op. cit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref28\">[28]<\/a> http:\/\/invs.santepubliquefrance.fr\/beh\/2018\/19-20\/index.html<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref29\">[29]<\/a> S.E. Schutzer<em>et al.,<\/em> \u00ab&nbsp;S\u00e9questration d&rsquo;anticorps \u00e0 Borrelia burgdorferi dans des complexes immuns dans la maladie de Lyme s\u00e9ron\u00e9gative&nbsp;\u00bb. <em>Lancet<\/em>, 335, 1990, p. 312-315. J.A. Nields et J.F. Kveton, \u00ab&nbsp;Ph\u00e9nom\u00e8ne de Tullio et s\u00e9ron\u00e9gatifs borr\u00e9liose de Lyme&nbsp;\u00bb, <em>Lancet<\/em>, 338, 1991, p. 128-129. J. Chmielewska-Badora <em>et al., <\/em>\u00ab&nbsp;Corr\u00e9lation des tests de d\u00e9tection de Borrelia burgdorferi sensu lato infection chez les patients avec un diagnostic borr\u00e9liose&nbsp;\u00bb, <em>Annals of Agricultural and Environmental Medicine<\/em>, 13, 2006, p. 307-311. M. Brunner, \u201cReport Refuting Value of Immune Complexes To Diagnose Lyme Disease Is Invalid\u201d, <em>Clinical and Vaccine Immunology<\/em>, 13, 2006, p.&nbsp;304-306. Pr\u00e9cisons qu\u2019en France, ces tests sont en cours d\u2019\u00e9valuation par l\u2019Agence Nationale de S\u00e9curit\u00e9 du M\u00e9dicament et des Produits de Sant\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref30\">[30]<\/a> R.A. Elsner <em>et al., <\/em>\u201cSuppression of Long-Lived Humoral Immunity Following Borrelia burgdorferi Infection\u201d, <em>PLOS Pathogens<\/em>, 11(7), 2015, e1004976. Voir aussi <a href=\"https:\/\/theconversation.com\/lyme-le-grand-bazar-des-tests-de-depistage-69910\">https:\/\/theconversation.com\/lyme-le-grand-bazar-des-tests-de-depistage-69910<\/a>&nbsp;; E.&nbsp; Sapi <em>et al.<\/em>, \u201cEvidence of In Vivo Existence of <em>Borrelia<\/em> Biofilm in <em>Borrelia<\/em> l Lymphocytomas\u201d, <em>European Journal of Microbiology and Immunology<strong>, <\/strong><\/em><strong>6, <\/strong>2016, p. 9\u201324. Sur la difficult\u00e9 \u00e0 diagnostiquer la maladie, voir C. Perronne, \u201cLyme and associated tick-borne diseases: global challenges in the context of a public health threat\u201d, <em>Frontiers in Cellular and Infection Microbiol<\/em>ogy, 4:74, 2014, np. Voir aussi https:\/\/www.sciencesetavenir.fr\/sante\/maladie-de-lyme-pourquoi-les-tests-ne-sont-pas-fiables_125559<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref31\">[31]<\/a> https:\/\/www.hhs.gov\/ash\/advisory-committees\/tickbornedisease\/reports\/testing-and-diagnostics-2018-5-9\/index.html<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref32\">[32]<\/a> Il est impossible de citer ici les tr\u00e8s nombreux t\u00e9moignages publi\u00e9s en librairie, dans la presse ou sur les sites d\u2019associations de patients. \u00c0 titre d\u2019exemples, voir <a href=\"http:\/\/francelyme.fr\/temoigner\/\">http:\/\/francelyme.fr\/temoigner\/<\/a> ou l\u2019un des derniers t\u00e9moignages paru : Yann Schraen, <em>11 mois d&rsquo;enfer : Maladie de Lyme, comment j&rsquo;ai failli mourir, <\/em>Paris, Flammarion, 2018. Voir aussi \u00ab&nbsp;Maladie de Lyme : une douloureuse errance avant le diagnostic&nbsp;\u00bb, <em>Le Monde Sciences, <\/em>2 juil. 2018.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref33\">[33]<\/a> M.E. Embers <em>et al.,<\/em> \u201cPersistence of Borrelia burgdorferi in Rhesus Macaques following Antibiotic Treatment of Disseminated Infection\u201d, <em>Plos One,<\/em> 8(9), 2013, np. R.K. Straubinger <em>et al.<\/em> Persistance de Borrelia burgdorferi chez les chiens infect\u00e9s exp\u00e9rimentalement apr\u00e8s le traitement antibiotique. <em>Journal of Clinical Microbiology.<\/em> 35, 1997, p. 111-116. E. Hodzic, <em>et al.<\/em> \u201cPersistance de Borrelia burgdorferi suivant l&rsquo;antibioth\u00e9rapie chez les souris&nbsp;\u00bb, <em>Antimicrobial Agents and Chemotherapy,<\/em> 52, 2008, p. 1728-1736. H. Yrj\u00e4n\u00e4inen, \u201cPersistence of borrelial DNA in the joints of Borrelia burgdorferi -infected mice after ceftriaxone treatment\u201d, <em>APMIS<\/em> 118, 2010, p. 665\u2013673.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref34\">[34]<\/a> http:\/\/norvect.no\/230-peer-reviewed-studies-show-evidence-of-persistent-lyme-disease\/<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref35\">[35]<\/a> J. Feng <em>et al.,<\/em> \u201cEradication of Biofilm-Like Microcolony Structures of <em>Borrelia<\/em> burgdorferi by Daunomycin and Daptomycin but not Mitomycin C in Combination with Doxycycline and Cefuroxime\u201d, <em>Frontiers in Microbiology,<\/em> 10;7:62, 2016, np. J.W. Costerton <em>et al.<\/em>, \u201cHow bacteria stick\u201d, <em>Scientific American<\/em>, 238, 1978, p. 86.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref36\">[36]<\/a> H. M. Feder Jr. <em>et al.<\/em>, and the Ad Hoc International Lyme Disease Group. \u201cA Critical Appraisal of \u201cChronic Lyme Disease\u201d<em>,<\/em> <em>New England Journal of Medicine<\/em>, 357, 2007, p. 1422-1430. J. Clarissou<em>et al.<\/em>, \u201cEfficacy of a long-term antibiotic treatment in patients with a chronic Tick Associated Poly-organic Syndrome (TAPOS)\u201d, <em>M\u00e9decine et Maladies&nbsp; infectectieuses<\/em>, 39(2), 2009, p. 108-15.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref37\">[37]<\/a> https:\/\/www.ilads.org\/patient-care\/ilads-treatment-guidelines\/<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref38\">[38]<\/a> R. Stricker <em>et. al., <\/em>\u00ab&nbsp;The Lyme Wars ILADS IDSA&nbsp;\u00bb, <em>Expert Review of anti-infective Therapy<\/em>, Vol. 3, n\u00b02, 2005, p. 155-156. L.&nbsp;Johnson and R.&nbsp;B&nbsp;Stricker, \u201cThe Infectious Diseases Society of America Lyme guidelines: a cautionary tale about the development of clinical practice guidelines\u201d<strong>, <\/strong><em>Philosophy, Ethics, and Humanities in Medicine<\/em>, <strong>5<\/strong>:9, 2010, np. B. J\u00fcrschik-Busbach, <em>Die verschwiegene Epidemie: Zeckenstich &#8211; Borreliose. Hilflose Patienten, ratlose \u00c4rzte. Wie Politik, Wissenschaft und Medizin versagen<\/em>, Berlin, Neues Leben Verlag, 2015.&nbsp; Ch. Perronne, <em>La V\u00e9rit\u00e9\u2026<\/em>, <em>op. cit., <\/em>chap. 6.<em>&nbsp; <\/em>Le site du RBLF fournit aussi un historique en quatre parties, parfois confus mais inform\u00e9 et r\u00e9f\u00e9renc\u00e9&nbsp; : <a href=\"http:\/\/www.reseauborreliose.fr\/index.php\/post\/2012\/05\/14\/Comment-une-bact%C3%A9rie-peut-elle-diviser-le-monde-scientifique-%28V-IDSA-over-the-World%29\">http:\/\/www.reseauborreliose.fr\/index.php\/post\/2012\/05\/14\/Comment-une-bact%C3%A9rie-peut-elle-diviser-le-monde-scientifique-%28V-IDSA-over-the-World%29<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref39\">[39]<\/a> 2% des 22&nbsp;000 articles publi\u00e9s jusqu\u2019alors. Cit\u00e9 par Lenglet et Perrin, <em>op. cit., <\/em>p. 105.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref40\">[40]<\/a> La controverse se passant aux \u00c9tats-Unis, il s\u2019agissait d\u2019assurances priv\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref41\">[41]<\/a><a href=\"https:\/\/www.wpri.com\/community\/health\/reed-us-creates-national-strategy-to-combat-lyme-disease\/1044544646\">https:\/\/www.wpri.com\/community\/health\/reed-us-creates-national-strategy-to-combat-lyme-disease\/1044544646<\/a> et <a href=\"http:\/\/thehill.com\/policy\/healthcare\/310223-obama-signs-medical-cures-bill-into-law\">http:\/\/thehill.com\/policy\/healthcare\/310223-obama-signs-medical-cures-bill-into-law<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref42\">[42]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.canada.ca\/fr\/sante-publique\/services\/maladies\/maladie-lyme\/pour-professionnels-sante-maladie-lyme.html\">https:\/\/www.canada.ca\/fr\/sante-publique\/services\/maladies\/maladie-lyme\/pour-professionnels-sante-maladie-lyme.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref43\">[43]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.nouvelobs.com\/justice\/20161214.OBS2674\/maladie-de-lyme-les-soins-alternatifs-de-nouveau-condamnes-on-est-tres-en-colere.html\">https:\/\/www.nouvelobs.com\/justice\/20161214.OBS2674\/maladie-de-lyme-les-soins-alternatifs-de-nouveau-condamnes-on-est-tres-en-colere.html<\/a> ; <a href=\"https:\/\/www.francebleu.fr\/infos\/sante-sciences\/maladie-de-lyme-un-medecin-de-saint-etienne-condamne-pour-avoir-demande-des-bilans-supplementaires-1469035672\">https:\/\/www.francebleu.fr\/infos\/sante-sciences\/maladie-de-lyme-un-medecin-de-saint-etienne-condamne-pour-avoir-demande-des-bilans-supplementaires-1469035672<\/a> <a href=\"https:\/\/www.rue89strasbourg.com\/maladie-de-lyme-proces-viviane-schaller-47060\">https:\/\/www.rue89strasbourg.com\/maladie-de-lyme-proces-viviane-schaller-47060<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref44\">[44]<\/a> T\u00e9moignages r\u00e9unis par R. Lenglet et C. Perrin dans <em>L\u2019Affaire\u2026op. cit. <\/em>p. 69-74.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref45\">[45]<\/a> Premi\u00e8re instance nov. 2014, jugement en appel le 14 d\u00e9c. 2016. Voir par ex. <a href=\"https:\/\/www.ouest-france.fr\/sante\/maladies\/maladie-de-lyme-les-methodes-alternatives-condamnees-en-justice-4679778\">https:\/\/www.ouest-france.fr\/sante\/maladies\/maladie-de-lyme-les-methodes-alternatives-condamnees-en-justice-4679778<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref46\">[46]<\/a> http:\/\/ffmvt.org\/maladie-de-lyme-reponse-de-la-ffmvt-au-communique-de-lacademie-nationale-de-medecine-du-2-juillet-2018\/<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref47\">[47]<\/a> Les Nymph\u00e9as (date&nbsp;?), Lyme \u00c9thique (2007-2015), Le Relais de Lyme (2010), Lympact (2015), France-Lyme (2008), Lyme sans fronti\u00e8res (2016), Le Droit de gu\u00e9rir (date&nbsp;?), Chronilyme (2017&nbsp;?), RBLF (R\u00e9seau sur la Borr\u00e9liose de Lyme en France).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref48\">[48]<\/a> Voir par exemple <a href=\"https:\/\/www.change.org\/p\/madame-la-ministre-des-affaires-sociales-et-de-la-sant%C3%A9-soutien-aux-m%C3%A9decins-soignant-les-malades-victimes-des-maladies-vectorielles-%C3%A0-tiques?signed=true\">https:\/\/www.change.org\/p\/madame-la-ministre-des-affaires-sociales-et-de-la-sant%C3%A9-soutien-aux-m%C3%A9decins-soignant-les-malades-victimes-des-maladies-vectorielles-%C3%A0-tiques?signed=true<\/a>..<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref49\">[49]<\/a> https:\/\/fr-fr.facebook.com\/WWLymeProtestFrance\/<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref50\">[50]<\/a> AFP et <em>L\u2019express, <\/em>21\/10\/2016. Voir aussi <a href=\"http:\/\/sante.lefigaro.fr\/actualite\/2016\/10\/17\/25528-maladie-lyme-bataille-judiciaire-commence\">http:\/\/sante.lefigaro.fr\/actualite\/2016\/10\/17\/25528-maladie-lyme-bataille-judiciaire-commence<\/a>. \u00c0 ma connaissance, le jugement n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 rendu \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 ces lignes sont \u00e9crites.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref51\">[51]<\/a>AFP et <em>Le Figaro <\/em>&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/flash-actu\/2018\/02\/15\/97001-20180215FILWWW00368-maladie-de-lyme-59-patient-portent-plainte-et-denoncent-des-collusions-avec-les-labos.php\">http:\/\/www.lefigaro.fr\/flash-actu\/2018\/02\/15\/97001-20180215FILWWW00368-maladie-de-lyme-59-patient-portent-plainte-et-denoncent-des-collusions-avec-les-labos.php<\/a> 15 f\u00e9v. 2018.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref52\">[52]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.sciencesetavenir.fr\/sante\/plainte-contre-l-etat-dans-la-maladie-de-lyme-la-preuve-du-lien-entre-les-experts-et-le-laboratoire-biomerieux_119352\">https:\/\/www.sciencesetavenir.fr\/sante\/plainte-contre-l-etat-dans-la-maladie-de-lyme-la-preuve-du-lien-entre-les-experts-et-le-laboratoire-biomerieux_119352<\/a> 20 d\u00e9c. 2017.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref53\">[53]<\/a><a href=\"https:\/\/www.google.com\/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=5&amp;cad=rja&amp;uact=8&amp;ved=0ahUKEwjv4e-WoqbcAhWNMewKHb-DA4IQFghAMAQ&amp;url=http%3A%2F%2Fsolidarites-sante.gouv.fr%2FIMG%2Fpdf%2Frapport_hcsp_borreliose_lyme-28-03-2014_version_revue_sept_2014.pdf&amp;usg=AOvVaw24zQh-p7L4wJr81iTst7SM\">https:\/\/www.google.com\/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=5&amp;cad=rja&amp;uact=8&amp;ved=0ahUKEwjv4e-WoqbcAhWNMewKHb-DA4IQFghAMAQ&amp;url=http%3A%2F%2Fsolidarites-sante.gouv.fr%2FIMG%2Fpdf%2Frapport_hcsp_borreliose_lyme-28-03-2014_version_revue_sept_2014.pdf&amp;usg=AOvVaw24zQh-p7L4wJr81iTst7SM<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref54\">[54]<\/a> Rapport p. 12.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref55\">[55]<\/a> http:\/\/affairesjuridiques.aphp.fr\/textes\/rapport-cordier-un-projet-global-pour-la-strategie-nationale-de-sante-19-recommandations-du-comite-des-sages-21-juin-2013\/<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref56\">[56]<\/a> http:\/\/ffmvt.org\/pourquoi-une-federation\/<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref57\">[57]<\/a> https:\/\/www.dailymotion.com\/video\/x28xrty<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref58\">[58]<\/a> https:\/\/www.nouvelobs.com\/sante\/20160712.OBS4474\/maladie-de-lyme-le-cri-d-alarme-de-100-medecins-il-y-a-urgence.html<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref59\">[59]<\/a> Le 15 oct. 2014, notamment, un groupe de 70 d\u00e9put\u00e9s avait d\u00e9pos\u00e9 \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e la proposition de loi n\u00b0&nbsp;2291 relative \u00e0 la&nbsp;maladie&nbsp;de&nbsp;Lyme.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref60\">[60]<\/a> http:\/\/solidarites-sante.gouv.fr\/IMG\/pdf\/plan_lyme_180117.pdf<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref61\">[61]<\/a> https:\/\/www.sciencesetavenir.fr\/sante\/exclusif-nouvelle-polemique-autour-de-la-maladie-de-lyme_124683<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref62\">[62]<\/a> http:\/\/www.infectiologie.com\/UserFiles\/File\/spilf\/communiques\/cp-spilf-19-juin-2018-maladies-transmises-par-les-tiques.pdf<\/p>\n\n\n\n<p><sup>63<\/sup>https:\/\/www.hassante.fr\/portail\/upload\/docs\/application\/pdf\/201806\/reco266_rbp_borreliose_de_lyme_cd_2018_06_13__recommandations.pdf<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref64\">[64]<\/a> Fiche borr\u00e9liose p. 1.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref65\">[65]<\/a> <em>Idem<\/em> p. 7<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref66\">[66]<\/a> <em>Idem <\/em>p. 3<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref67\">[67]<\/a> http:\/\/www.infectiologie.com\/fr\/actualites\/maladie-de-lyme-position-de-la-spilf_-n.html<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref68\">[68]<\/a> Un exemple&nbsp;: Pr. Caumes (membre de la SPILF et du groupe de travail \u00e0 la HAS) dans une conf\u00e9rence donn\u00e9e \u00e0 Paris le 27 mars 2018 \u00e0 la mairie du Ve arr. de Paris, sous la houlette de l\u2019AFIS.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref69\">[69]<\/a> Prs Bricaire et Gentilini (membres de la SPILF) dans <em>Le Figaro <\/em>du 8 juin 2018<em>&nbsp;:<\/em> \u00ab&nbsp;<em>les tenants d&rsquo;un Lyme persistant sont des charlatans<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref70\">[70]<\/a> http:\/\/www.infectiologie.com\/UserFiles\/File\/spilf\/communiques\/2018-07-19-communique-de-presse-borreliose-de-lyme.pdf<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref71\">[71]<\/a> http:\/\/www.academie-medecine.fr\/communique-de-presse-du-2-juillet-2018-mise-au-point-de-la-haute-autorite-de-sante-has-a-propos-de-la-maladie-de-lyme-reactions-et-deception-de-lacademie-nationale-de-medecine\/<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref72\">[72]<\/a> http:\/\/www.academie-medecine.fr\/communique-de-presse-du-26102017-lacademie-de-medecine-denonce-les-tromperies-a-propos-de-la-maladie-de-lyme\/<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref73\">[73]<\/a> Respectivement, codes IC1G.2, 6D85.Y, 8A45.OY de l\u2019ICD11. https:\/\/icd.who.int\/<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref74\">[74]<\/a> http:\/\/www.em-consulte.com\/en\/article\/1083440<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref75\">[75]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.enviscope.com\/environnement\/sante\/maladie-de-lyme-l-afis-met-en-garde-contre-le-complotisme\/55366\">https:\/\/www.enviscope.com\/environnement\/sante\/maladie-de-lyme-l-afis-met-en-garde-contre-le-complotisme\/55366<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref76\">[76]<\/a> http:\/\/www.em-consulte.com\/en\/article\/1083440<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref77\">[77]<\/a> Ch. Perronne, <em>La V\u00e9rit\u00e9, op. cit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref78\">[78]<\/a> http:\/\/www.infectiologie.com\/fr\/actualites\/maladie-de-lyme-position-de-la-spilf<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref79\">[79]<\/a> Mais l\u2019on pourrait aussi \u00e9voquer, si la place ne manquait pas pour cela, la difficult\u00e9 qu\u2019\u00e9prouvent les tenants d\u2019id\u00e9es nouvelles \u00e0 faire accepter leurs articles par leurs pairs et donc \u00e0 obtenir leur publication.<\/p>\n<div class=\"like-button\" style=\"float: right; clear: both; text-align: right; width = 100%;\">\n<!-- Facebook Like Button Vivacity Infotech BEGIN -->\n<div class=\"fb-like\" data-href=\"https:\/\/francelyme.fr\/site\/maladie-de-lyme-quand-des-medecins-refusent-de-soigner\/\" data-layout=\"box_count\" data-action=\"like\" data-show-faces=\"false\" data-size=\"large\" data-width=\"450\" data-share=\"1\" ><\/div><\/div>\n<!-- Facebook Like Button Vivacity Infotech END -->\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":1,"featured_media":9999,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[34],"tags":[],"class_list":["post-8593","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-medias"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>\u00ab Maladie de Lyme \u00bb. 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