018. La maladie de Lyme ainsi que les autres maladies vectorielles à tiques sont-elles transmissibles d’une personne à l’autre ?
La transmission d’un pathogène se fait dans le cas quasi-général par piqûre d’une tique infectée, ce qui peut conduire à une infection chez l’humain.
Certains autres modes de transmission sont décrits, mais très minoritaires.
La Haute Autorité de Santé (HAS) dans sa recommandation de bonne pratique 2025 indique ainsi pour la maladie de Lyme que :
« Concernant la transmission materno-fœtale, elle n’a pas été identifiée dans les récentes cohortes incluant plusieurs milliers de femmes. Il n’y a pas de risque de malformation démontré à ce jour. Néanmoins, un cas unique a été rapporté avec une description complète (manifestations cliniques chez la mère, évolution clinique défavorable chez l’enfant et détection en laboratoire de Borrelia burgdorferi chez l’enfant), suggérant une transmission verticale possible de Borrelia burgdorferi avec des conséquences pour le fœtus. Il n’y a pas eu de cas décrit indiquant une possible symptomatologie chronique chez des enfants nés de mère ayant eu une borréliose de Lyme. (…) Il est recommandé de traiter sans délai une maladie de Lyme chez une femme enceinte. »
« Concernant la transmission par transfusion sanguine, elle n’a pas été démontrée à ce jour. Néanmoins, comme pour toute infection aiguë, il n’est pas recommandé de donner son sang en période aiguë. Cela fait actuellement partie des questions posées systématiquement par les établissements du sang lors de chaque don de sang. Il n’y a pas de contre-indication à ce jour pour donner son sang après traitement bien conduit tel que recommandé. »
Pour les autres maladies vectorielles à tiques, la Haute Autorité de Santé (HAS) dans sa recommandation de bonne pratique 2025 indique notamment que :
- Pour l’anaplasmose granulocytaire humaine, […] la transmission post-transfusionnelle est rare mais décrite.
- Pour la babésiose, […] les modalités de transmissions incluent des rares cas de transmission transfusionnelle. (*)
- Pour la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (FHCC), […] une transmission interhumaine par contact direct avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques de sujets infectés, dans les 7 à 10 jours après le début des symptômes est possible.
- Encéphalite à tiques (TBE) : […] la transmission est possible pa ingestion d’aliments contaminés, en particulier fromages au lait.
Pour avoir une vision complète des modes de transmission de ces autres maladies vectorielles à tiques, nous vous renvoyons vers la fiche publiée par la Haute Autorité de Santé (HAS) en 2025 : « Autres maladies vectorielles à tiques ».
En ce qui concerne la transmission sexuelle, il convient de préciser que cette voie n’est actuellement pas reconnue par les agences sanitaires de référence (CDC, ECDC, HAS). Les études l’ayant suggérée ont fait l’objet de critiques méthodologiques et n’ont pas été répliquées. Certains patients évoquent cette possibilité. Ces témoignages ne constituent pas une preuve scientifique mais appellent à des recherches complémentaires avec une méthodologie rigoureuse.
(*) Aux États-Unis, la babésiose est reconnue comme un risque transfusionnel significatif. Elle constitue même la première cause identifiée d’infections parasitaires transmises par transfusion sanguine.
En conséquence, les autorités sanitaires américaines (FDA, CDC) ont mis en place des mesures spécifiques de sécurité transfusionnelle dans les zones endémiques :
- dépistage systématique de Babesia chez les donneurs de sang dans plusieurs États,
- exclusion temporaire ou définitive du don de sang pour les personnes ayant présenté une babésiose avérée,
- surveillance renforcée des receveurs à risque (personnes immunodéprimées, splénectomisées).
