093. Est-ce que le Lyme long peut entraîner des symptômes psychiatriques ?

Dans ses recommandations de bonne pratique de 2025, la Haute Autorité de Santé (HAS) ne définit pas le Lyme long (PTLDS) comme une maladie psychiatrique et ne parle pas d’« atteinte psychiatrique causée par le PTLDS ».

La HAS indique que le Lyme long peut s’accompagner de symptômes persistants complexes et polymorphes, incluant notamment :

  • une fatigue prolongée,
  • des troubles cognitifs (concentration, mémoire),
  • des troubles du sommeil,
  • et un retentissement psychologique fréquent, lié à la chronicité des symptômes, à leur caractère invalidant et à l’errance diagnostique.

La HAS insiste sur la nécessité d’une évaluation globale, intégrant à la fois les dimensions somatiques, neurologiques et psychiques, et rappelle que la présence de symptômes psychiques ne remet pas en cause la réalité des symptômes somatiques. Elle ne se prononce pas sur un mécanisme causal psychiatrique spécifique du Lyme long (PTLDS).

Les publications américaines (CDC, NIH, sociétés savantes) décrivent que, chez certains patients, des symptômes neuropsychiatriques peuvent être observés dans le cadre de maladies infectieuses ou post-infectieuses, notamment :

  • des troubles de l’humeur (symptômes dépressifs),
  • de l’anxiété,
  • de l’irritabilité,
  • des troubles cognitifs,
  • plus rarement, des troubles du vécu (dépersonnalisation, déréalisation).

Ces manifestations sont envisagées comme multifactorielles, pouvant impliquer, sans consensus définitif sur les mécanismes exacts :

  • des mécanismes neuro-inflammatoires ou immunitaires,
  • des atteintes neurologiques directes ou indirectes,
  • l’impact d’une maladie chronique prolongée.

Par ailleurs, la littérature américaine distingue le cas d’autres infections, notamment la bartonellose, pour laquelle des manifestations neuropsychiatriques ont été plus fréquemment rapportées dans certaines publications. Ces données restent hétérogènes et ne permettent pas de généralisation, mais elles expliquent que cette hypothèse soit explorée dans certains tableaux cliniques complexes.

L’expérience rapportée par les patients atteints de Lyme long fait état, chez une partie d’entre eux, de symptômes psychiques ou neuropsychiques associés, tels que troubles de l’humeur, anxiété, irritabilité, troubles cognitifs ou phénomènes de déréalisation.

Ces symptômes sont souvent décrits comme intriqués aux symptômes physiques, fluctuants, et apparaissant ou s’aggravant dans un contexte de fatigue extrême, de douleurs persistantes et de perte de qualité de vie. Les patients soulignent que ces manifestations ne sont pas vécues comme « psychologiques » au sens d’une pathologie isolée, mais comme faisant partie d’un tableau global post-infectieux, nécessitant écoute, reconnaissance et accompagnement adapté.

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