La Provence : “Changement climatique et augmentation des maladies”

PAR DOMINIQUE ARNOULT

Publié le 17/11/2008 à 18:42, La Provence

 

Une étude marseillaise met en lumière l’agressivité des tiques exposées à la chaleur
“Le comportement des tiques se transforme anormalement par forte chaleur”, explique le Pr Raoult.

Deux élevages de tiques non infectées. Le premier est maintenu à une température de 25º. L’autre vit pendant toute une journée dans une ambiance à 40º. Placées sur le bras d’un homme, les premières tiques ne se manifestent pas. Les secondes s’affolent. La moitié d’entre elles se met à piquer. Cette expérience, dont les résultats sont publiés aujourd’hui dans la revue scientifique en ligne PLoS, a été réalisée dans l’unité des Rickettsies de la faculté de médecine de Marseille, dirigée par le professeur Didier Raoult.

“Ce modèle expérimental montre très clairement que le comportement des tiques se transforme anormalement par forte chaleur”, explique le Pr Raoult. Intérêt de cette expérience? Elle appuie le constat de la communauté médicale qui a observé ces dernières années un développement des infections provoquées par des piqûres de tiques à certaines périodes de l’année. Mais aussi l’apparition de ces parasites et des maladies qu’ils véhiculent dans de nouvelles zones géographiques. “Il en va ainsi de la maladie de Lyme, présente dans le nord de la France et que l’on a vu remonter en quelque sorte jusqu’en Suède ou en Norvège”, souligne le PrRaoult. Sur le littoral méditerranéen, la maladie la plus fréquemment transmise par les tiques est la fièvre boutonneuse méditerranéenne. On dénombre chaque année quelque 200 cas dont une vingtaine nécessite une hospitalisation.

Lors de l’été 2003, un SDF décède à Marseille. Il est couvert de piqûres de tiques. Une quinzaine au total. Ce même été, en Espagne, au Portugal, en Italie, les cas de fièvre boutonneuse augmentent de 30 à 40%. “Le même phénomène se reproduit au cours de l’été 2005”, rapporte le Pr Raoult. “En avril 2006, une petite épidémie se développe dans la région de Nîmes où il n’a jamais fait aussi chaud depuis 50 ans”, ajoute ce spécialiste des maladies infectieuses. Autant d’éléments qui ont conduit le laboratoire marseillais à réaliser cette étude dont les conclusions poussent à plus de vigilance face à ce risque probablement lié au réchauffement climatique.

 

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